Principaux renseignements
- Bichkek, la capitale du Kirghizistan, accueille le sommet de deux jours de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS)
- La Russie et la Chine utilisent cette alliance pour promouvoir un ordre mondial multipolaire.
- Les rivalités internes menacent l’unité stratégique de l’organisation.
Lundi et mardi, Bichkek accueille un sommet de deux jours de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), à l’occasion du 25e anniversaire de ce groupe régional. Parmi les participants de premier plan figurent le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping, qui utilisent souvent cette tribune pour plaider en faveur d’un ordre mondial multipolaire et pour prôner une résistance commune à l’hégémonie occidentale. Ils seront accompagnés de dirigeants indiens, pakistanais et iraniens, dont le président iranien Masoud Pezeshkian, sous la houlette du président kirghize Sadyr Japarov.
Alignements stratégiques
Cette réunion se tient dans un contexte d’instabilité mondiale intense, marqué par la campagne militaire de longue durée menée par la Russie en Ukraine et par l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Poutine devrait s’entretenir à huis clos avec ses homologues chinois et iraniens. La coopération avec l’Iran s’est considérablement renforcée sur les plans économique et militaire. En effet, la Russie et l’Iran sont tous deux soumis à de sévères sanctions internationales. Cette activité diplomatique fait suite à une visite remarquée à Moscou du directeur de la CIA, John Ratcliffe, qui a alimenté les spéculations sur d’éventuelles discussions secrètes concernant l’Iran et l’Ukraine.
Une puissance régionale
Le mandat initial de l’OCS mettait l’accent sur la coopération économique et niait explicitement qu’il s’agisse d’une alliance anti-occidentale. La ligne actuelle, sous la direction de Pékin et de Moscou, reflète une attitude plus conflictuelle à l’égard de l’Occident. Lors de sommets précédents, Poutine a attribué la guerre en Ukraine aux provocations occidentales et Xi a critiqué les tactiques d’intimidation américaines. L’organisation a élargi son champ d’action et compte désormais dix membres à part entière, dont la Biélorussie et quatre pays d’Asie centrale, ainsi que deux observateurs et 15 partenaires de dialogue, tels que le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie.
Guerre économique et sanctions
Ce sommet se tient dans un contexte de combats et de guerre économique. Les États-Unis ont récemment intensifié la pression sur l’Iran en imposant des sanctions secondaires visant le secteur aérien, l’or et les actifs numériques. Parallèlement, ils menacent également ceux qui entretiennent des relations commerciales avec le régime iranien. La Chine s’est engagée à protéger ses intérêts, notamment en ce qui concerne les importations de pétrole iranien. Bien que l’Iran ait rejoint l’OCS en 2023 dans l’espoir de contourner les restrictions financières occidentales, certains analystes affirment que, par le passé, de telles alliances n’ont pas apporté de solutions concrètes aux profondes crises économiques de Téhéran.
Frictions internes
Bien que l’OCS prétende représenter un quart de l’économie mondiale et près de la moitié de la population mondiale, l’organisation est en proie à des contradictions internes. Les États membres ont souvent des intérêts contradictoires. Par exemple la rivalité entre la Chine et la Russie pour la suprématie en Asie centrale, ou les tensions diplomatiques récurrentes entre Pékin, l’Inde et le Pakistan. (ev)
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