Licences de pêche : la France prépare une série de représailles envers le Royaume-Uni

Le torchon brûle toujours de part et d’autre du Channel : la France et le Royaume-Uni ne parviennent pas à s’entendre sur les accords de pêche post-Brexit. Les Anglais s’obstinent à limiter le nombre de licences, suscitant l’ire de la France, soutenue d’ailleurs par l’UE. Et Paris a décidé de passer à l’offensive avec une première vague de sanctions. D’autres devraient suivre, si Albion ne met pas d’eau dans son thé.

Le Brexit a véritablement marqué le signal du largage des amarres entre l’archipel britannique et le continent européen, mais ce n’est pas pour autant que les querelles se sont estompées dans les eaux du Channel : Albion se retrouve dans une véritable guerre commerciale larvée avec la France sur l’épineux sujet des zones de pêche. Un combat pour lequel l’Hexagone bénéficie d’ailleurs du soutien de nombreux pays européens, excédés par le manque de fairplay des insulaires.

Et ce sont les Français qui passent à l’offensive, avec une série de mesures de rétorsion qui doivent entrer en application dès le 12 novembre prochain, sauf changement de la politique britannique d’ici là, a annoncé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal mercredi. Et celles-ci oscillent entre le fort symbolique et le très agressif.

« Interdiction de débarquement »

M. Attal a insisté sur « des contrôles douaniers et sanitaires systématiques sur les produits débarqués en France et l’interdiction de débarquement de produits de la mer » sur le sol français par des pêcheurs britanniques. On n’est pas loin du blocus commercial pour et simple des produits à l’origine de ce conflit s’ils ont été pêchés sous l’Union Jack.

Mais ce n’est pas tout, car le gouvernement français a évoqué « une deuxième série de mesures », avec notamment des mesures énergétiques qui ont trait à la fourniture d’électricité pour les îles anglo-normandes. Le détail doit être « communiqué dans les prochaines heures ou les prochains jours. Notre souhait, c’est tout simplement que l’accord qui a été conclu puisse être respecté », a affirmé Gabriel Attal, qui s’exprimait à l’issue du Conseil des ministres.

La France prête à couper le courant

Pour rappel, au début du mois, la France avait déjà menacé de limiter les livraisons d’électricité aux îles anglo-normandes, Jersey et Guernesey. Deux territoires au statut complexe, qui dépendent directement de la Couronne britannique, mais qui se situent à quelques encablures des côtes françaises, ce qui complique l’application des droits de la mer dans la Manche.

Depuis le Brexit, les pêcheurs français doivent obtenir une licence du gouvernement britannique pour pouvoir pêcher dans leur zone traditionnelle, qui se situe en fait dans les eaux britanniques. L’accord post-Brexit, conclu in extremis fin 2020 entre Londres et Bruxelles, prévoit que les pêcheurs européens puissent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu’ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l’ampleur des justificatifs à fournir.

Paris a fait la demande pour 244 licences définitives valables pour les zones de pêche encore disputées (zone des 6-12 milles des côtes britanniques et îles anglo-normandes), mais les Anglais n’ont accepté d’en céder que 200 pour l’instant. Les relations franco-allemandes ont souvent été houleuses dans l’histoire bien sûr, mais ce conflit est peut-être le véritable divorce annoncé par le Brexit, et certainement le plus dommageable, tant il réveille de vieux réflexes de part et d’autre.

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