L’Europe remplit ses stocks de gaz à toutes les sources en vue de l’hiver prochain, y compris en Russie… et en Chine

La situation peut paraître surréaliste : face à la peur d’une pénurie durant l’hiver prochain, les différents pays de l’Union européenne pompent à toutes les sources disponibles afin de se constituer des stocks. Y compris d’ailleurs à la Russie : les gazoducs de la société Gazprom tournent à plein régime. Mais l’Europe se trouve de plus en plus d’alternatives, parfois inattendues, pour s’assurer un hiver au chaud.

Jamais l’Europe n’a importé autant de gaz, souligne BFM Business. En plus de la filière russe, toujours active, l’UE s’est lancée dans un grand programme d’achat de gaz naturel liquéfié (GNL), jusqu’à en absorber 60% des exportations mondiales. Les importations européennes de GNL se sont envolées de 56%, selon le groupe international des importateurs de gaz naturel (GIIGNL).

Les pays de l’Atlantique sont les mieux lotis

Cela se traduit par une arrivée massive de méthaniers qui, sans surprise, profite avant tout aux pays de la côte atlantique : l’Espagne présente un taux de remplissage de ses stocks de gaz de 88%, et le Portugal arrive à 62%. Les autres pays suivent dans la ligne d’approvisionnement. La France, quant à elle, est passée de 25 à 35% de remplissage de ses stocks en deux mois et, selon les confidences d’une source proche d’Engie à BFM Business, l’Hexagone n’a aucune inquiétude à avoir pour l’hiver.

La France compte augmenter ses propres capacités à recevoir du GNL d’outre-mer en construisant un nouveau terminal méthanier dans le port du Havre. L’Allemagne, toujours très dépendante au gaz russe, compte en bâtir quatre en mer du Nord.

La Chine déroute ses méthaniers

Ce GNL qui arrive en masse provient majoritairement des États-Unis, comme l’avait promis Joe Biden, ainsi que du Qatar, mais aussi, et c’est plus surprenant, de Chine et d’autres pays d’Asie.

Ceux-ci sont eux-mêmes de grands consommateurs de gaz naturel liquéfié, mais la forte hausse de la demande européenne, et donc des prix, a motivé de nombreux opérateurs chinois à dérouter leurs propres méthaniers pour vendre leur surplus de gaz en Europe. Une manne inattendue pour le vieux continent, mais qui finira immanquablement par se tarir, quand l’Asie songera, elle aussi, à ses stocks hivernaux.

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