Principaux renseignements
- Les menaces iraniennes de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb risquent de provoquer des chocs sur l’approvisionnement mondial en pétrole.
- L’Arabie saoudite dépend de cette voie navigable pour contourner le détroit d’Ormuz, sujet à des tensions.
- Les rebelles houthis et Téhéran ont le pouvoir de paralyser les flux énergétiques régionaux.
L’industrie pétrolière mondiale est confrontée à un risque important en raison des menaces iraniennes visant le détroit de Bab el-Mandeb. Cette voie navigable vitale, qui relie la mer d’Oman et le golfe d’Aden à la mer Rouge, constitue une alternative cruciale pour les transports d’énergie, d’autant plus que l’agression iranienne a gravement entravé le trafic dans le détroit d’Ormuz. Pour atténuer ces perturbations, l’Arabie saoudite a redirigé d’énormes volumes de brut vers la mer Rouge via son oléoduc Est-Ouest, garantissant ainsi que les approvisionnements essentiels continuent d’atteindre les grandes économies asiatiques, notamment la Corée du Sud et le Japon.
Augmentation du trafic
L’importance de cette route est mise en évidence par les données de Kpler, qui montrent que les exportations quotidiennes de produits pétroliers via le détroit sont passées de 3,9 millions de barils en février à 7,2 millions de barils en avril.
Cependant, cette stabilité est désormais menacée. Les Gardiens de la révolution iranienne ont averti qu’ils pourraient fermer la voie navigable si Israël ne cessait pas ses opérations militaires au Liban et à Gaza. Téhéran a en outre subordonné toute résolution diplomatique avec les États-Unis au retrait complet d’Israël du territoire libanais.
Impasse politique
Les analystes de marché, dont Matt Smith de Kpler, suggèrent que le blocage de ce point d’étranglement constituerait une escalade majeure, coupant les flux de pétrole saoudiens qui ont jusqu’à présent empêché les prix du brut de monter en flèche.
Cette instabilité s’est reflétée sur les marchés lundi, lorsque les prix du brut américain ont bondi de 8 pour cent à la suite des avertissements de l’Iran. Si un cessez-le-feu temporaire entre Israël et le Liban a permis une brève correction des prix, la trêve reste précaire. L’accord est contesté par le Hezbollah, et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souligné la nécessité de démilitariser le Liban et de désarmer le groupe.
L’instabilité régionale
De plus, les tensions géopolitiques sont exacerbées par la présence des rebelles houthis au Yémen. Bien qu’une paix temporaire ait été conclue en mai 2025 après une campagne de bombardements américains de deux mois, les Houthis restent une menace sérieuse.
Les experts de S&P Global Market Intelligence suggèrent que les rebelles pourraient attendre un signal de Téhéran pour rouvrir un front militaire. Le détroit étant très étroit, les Houthis n’auraient pas besoin d’un blocus à grande échelle pour être efficaces ; il suffirait de cibler quelques navires spécifiques pour dissuader le trafic commercial et paralyser les flux énergétiques de la région.
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