Les réserves de blé diminuent et c’est une mauvaise nouvelle pour le prix du pain

L’offre du blé a fortement diminué cette année, faisant grimper le prix du blé à des sommets pluriannuels, renforçant les craintes d’inflation alimentaire pour des millions de personnes parmi les plus vulnérables du monde.

Pourquoi est-ce important ?

Le blé étant à la base de tout, des baguettes françaises aux nouilles asiatiques en passant par les pains plats du Moyen-Orient, ses prix ont une incidence plus directe sur les consommateurs que ceux de cultures telles que le maïs et le soja, qui sont principalement destinés à l'alimentation animale.

Les deux plus grands exportateurs de blé du monde, le Canada et la Russie, ont connu des conditions météorologiques défavorables cette année, des sécheresses au Canada et un hiver particulièrement brutal en Russie. Cette semaine, le ministère américain de l’agriculture (USDA) a revu à la baisse ses prévisions concernant la production canadienne et russe, ce qui a entraîné une baisse des stocks et des échanges mondiaux, rapporte Bloomberg.

La mauvaise récolte russe coïncide avec les efforts du gouvernement russe de taxer davantage l’export pour enrayer la hausse des prix des denrées alimentaires. La Russie qui est régulièrement le plus grand exportateur de blé, risque de voir ses principaux acheteurs se tourner vers des marchés voisins, tels que l’Ukraine et l’Union européenne.

Du côté européen, ce sont les vastes inondations en Europe de l’Ouest qui ont fortement impacté la qualité des récoltes. Une récolte américaine, quant à elle plus faible, ajoute également de la pression sur le marché.

L’indice des prix à l’exportation du blé calculé par le Conseil international des céréales, basé à Londres, est désormais en hausse de 46 % sur l’année. Par ailleurs, l’indice des Nations unies des prix mondiaux des produits agricoles de base flirte avec son plus haut niveau de la décennie.

Cette inflation intervient justement au moment où les silos à grains de l’hémisphère nord se renflouent et créent des réserves de blé fraîchement récolté. Les réserves des exportateurs étant particulièrement tendues et les prix particulièrement haut, les réserves mondiales pourraient tomber à leur niveau le plus bas depuis cinq ans, selon l’USDA, le ministère américain de l’agriculture.

Un autre facteur qui contribue à l’inflation des matières premières et biens de consommation est la hausse du coût de transport de fret, dûe à l’engorgement des ports, des restrictions Covid et des politiques gouvernementales de relance économique.

« Je crains que ce soit une situation dans laquelle je ne vois aucun soulagement », a déclaré Abdolreza Abbassian, économiste à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. « Il y a tellement de facteurs qui favorisent malheureusement les niveaux d’inflation dans de nombreuses régions du monde. »

Quand cela va-t-il se rétablir? Le prix des céréales pourrait rester élevé jusqu’à ce que les récoltes dans l’hémisphère sud au début de 2022 réduisent la pression.

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