« La Chine n’est plus un partenaire de l’Europe, mais un concurrent redoutable »


Principaux renseignements

  • L’UE considère désormais la Chine comme un concurrent redoutable plutôt que comme un partenaire de coopération. C’est ce qu’affirme Michael Koplovsky, consultant senior chez Kreab International.
  • La prédominance des technologies vertes en Chine menace la stabilité du secteur manufacturier européen.
  • L’Europe diversifie ses alliances commerciales afin de réduire sa vulnérabilité économique et sa dépendance vis-à-vis de la Chine.

La perception de la Chine au sein de l’Union européenne a subi une transformation fondamentale, passant d’un partenariat de collaboration à une dynamique commerciale plus conflictuelle. Selon Michael Koplovsky, consultant senior chez Kreab International, l’UE considère désormais la Chine comme un concurrent redoutable plutôt que comme un simple débouché important pour les produits d’exportation européens.

La menace des technologies vertes

Ce changement de sentiment est largement alimenté par les progrès technologiques rapides de la Chine dans des secteurs clés des énergies vertes, tels que les véhicules électriques, les batteries, l’énergie éolienne et l’énergie solaire. Ces industries constituent désormais une menace directe pour la stabilité de l’industrie manufacturière européenne.

Alors que les États-Unis ont adopté une posture de « rivalité stratégique », l’UE a traditionnellement présenté cette relation comme une relation de concurrence. Dans un entretien accordé au South China Morning Post, Koplovsky constate néanmoins une nette tendance à l’adoption de mesures plus restrictives, ce qui laisse penser que l’écart pourrait encore se creuser.

Des règles européennes plus strictes pour entreprises chinoises

Des signes concrets de cette évolution se manifestent sous la forme d’une réglementation plus stricte et d’enquêtes ciblées. La Commission européenne examine actuellement le projet d’acquisition de la société allemande Ceconomy par JD.com, d’une valeur de 2,2 milliards d’euros, en raison de craintes concernant des aides d’État déloyales.

Par ailleurs, l’UE a interdit l’utilisation d’onduleurs solaires fabriqués en Chine dans les projets bénéficiant d’un financement européen, invoquant des risques en matière de sécurité et de dépendance excessive.

Atténuer les vulnérabilités économiques

La stratégie défensive de l’UE est motivée par son haut niveau de vulnérabilité économique. Comme le bloc est plus dépendant du commerce mondial par rapport à son PIB que les États-Unis ou la Chine, il est plus exposé aux risques d’une guerre économique. Pour atténuer ces vulnérabilités, l’Europe diversifie activement ses alliances commerciales. Cet effort se manifeste dans les récents accords commerciaux avec l’Australie et l’Inde, un partenariat historique avec le bloc du Mercosur et les discussions en cours concernant le CPTPP.

En fin de compte, les responsables européens reconnaissent que le cadre commercial mondial établi après la Seconde Guerre mondiale s’est effondré. Par conséquent, l’UE donne la priorité au renforcement de ses propres mesures de protection commerciale afin de préserver ses industries nationales des pressions extérieures. (lv)

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