L’accord commercial UE-Mercosur entre en vigueur à titre provisoire


Principaux renseignements

  • L’accord commercial UE-Mercosur entrera en vigueur à titre provisoire le 1er mai, après 25 ans de négociations.
  • Cet accord prévoit une augmentation progressive des quotas pour les produits agricoles du Mercosur, mais sa mise en œuvre complète reste subordonnée à l’approbation du Parlement européen et de la Cour de justice.
  • Bien que l’accord profite aux exportateurs de l’UE grâce à des réductions tarifaires progressives, les préoccupations soulevées par les députés européens concernant d’éventuels conflits juridiques pourraient nécessiter des modifications avant sa mise en œuvre définitive.

Après 25 ans de négociations, un accord commercial historique entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur – l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay – entrera provisoirement en vigueur le 1er mai. L’accord a été conclu en décembre 2024 et a ensuite été approuvé par les États membres de l’UE. Les quatre pays du Mercosur ont également approuvé l’accord.

En attendant l’approbation du Parlement européen

Si l’application provisoire marque une avancée significative, l’accord attend toujours l’approbation finale du Parlement européen. Ce processus a été ralenti par les préoccupations soulevées par des députés européens, qui ont renvoyé l’accord devant la Cour de justice de l’Union européenne pour examen juridique. La décision de la Commission européenne d’appliquer l’accord à titre provisoire pourrait être annulée si la Cour se prononce contre celle-ci.

L’accord entraîne divers changements dans les réglementations commerciales, mais l’accès immédiat et sans restriction aux produits du Mercosur n’est pas garanti. Par exemple, bien que l’accord prévoie une augmentation des quotas d’importation de viande bovine en provenance du Brésil et d’autres pays du Mercosur, ceux-ci feront l’objet de droits de douane réduits et seront mis en place progressivement sur une période de six ans. La Commission soutient que cela ne représente qu’un faible pourcentage de la production de viande bovine de l’UE et souligne que la hausse de la demande devrait compenser toute fluctuation potentielle des prix.

Augmentations limitées des quotas de sucre

De même, les importations de volaille feront l’objet de quotas en franchise de droits, mis en place progressivement sur cinq ans. La Commission fait valoir que l’augmentation de la consommation de poulet en Europe peut absorber les importations supplémentaires. Aucun quota supplémentaire de sucre n’est accordé, à l’exception d’une quantité limitée en provenance du Paraguay. L’accès en franchise de droits est maintenu pour les quotas existants de sucre de canne brut, qui représentent un faible pourcentage de la production sucrière de l’UE.

La mise en œuvre provisoire apporte également des avantages immédiats aux exportateurs de l’UE, bien que les réductions tarifaires se produisent généralement à un rythme plus lent que celles applicables aux produits du Mercosur. Par exemple, les droits de douane sur l’huile d’olive diminueront progressivement sur 15 ans, sans limitation de volume. Les vins et spiritueux connaîtront des calendriers variables pour la suppression des droits de douane, allant de l’élimination immédiate pour les vins mousseux haut de gamme à des réductions progressives sur plusieurs années.

L’incertitude persiste

La finalisation de l’accord dépend de la décision du Parlement européen et de l’arrêt de la plus haute juridiction de l’UE. Les préoccupations soulevées par les députés européens concernant d’éventuelles contestations de la législation de l’UE découlant de certaines dispositions de l’accord ont donné lieu à un examen juridique. Si la Cour constate une incompatibilité avec les traités de l’UE, des modifications seront nécessaires avant que la mise en œuvre complète puisse avoir lieu.

La procédure pourrait prendre plus d’un an et comporter des observations écrites, une audience et, finalement, un arrêt définitif rendu par les juges à la suite d’un avis rendu par un avocat général. Malgré l’application provisoire, des incertitudes subsistent quant à l’avenir de l’accord.

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