Principaux renseignements
- Le Parlement européen a voté en faveur de sanctions potentielles contre la Slovaquie en raison de préoccupations liées à l’État de droit.
- Les modifications proposées menacent les institutions anticorruption et le bureau de protection des lanceurs d’alerte de la Slovaquie.
- Le gouvernement de droite slovaque fait l’objet de critiques pour des mesures qui font écho à l’érosion des normes démocratiques en Hongrie.
Les législateurs européens réclament des sanctions potentielles contre la Slovaquie en raison de préoccupations persistantes concernant l’État de droit. Ils expriment une profonde inquiétude quant à la direction prise par le pays sous la houlette de son Premier ministre nationaliste de droite, Robert Fico.
Inquiétudes croissantes
Lors d’un vote décisif, les membres du Parlement européen ont approuvé à une écrasante majorité une résolution exhortant la Commission européenne à engager une procédure formelle qui pourrait aboutir au gel de milliards d’euros de fonds européens destinés à la Slovaquie. Cette initiative reflète les inquiétudes des législateurs face aux récents développements dans le pays, notamment la dissolution d’institutions anticorruption cruciales telles que l’Agence nationale de lutte contre la criminalité et le Bureau du procureur spécial.
De plus, des inquiétudes ont été soulevées concernant les modifications proposées au bureau slovaque de protection des lanceurs d’alerte, dont les détracteurs craignent qu’elles ne l’exposent à des influences politiques. Des allégations de fraude concernant des pensions financées par l’UE, potentiellement liées à des alliés du gouvernement, ont également contribué à accroître le malaise.
Absence de caractère contraignant
Alors que les députés européens slovaques alignés sur la coalition au pouvoir se sont opposés à la résolution, arguant que la suspension des fonds porterait un préjudice disproportionné aux citoyens ordinaires, le vote du Parlement européen n’a pas de caractère contraignant. La décision finale sur la marche à suivre revient à la Commission européenne. Celle-ci peut choisir de ne prendre aucune mesure, d’émettre un avertissement formel exhortant la Slovaquie à répondre aux préoccupations, ou de proposer le gel des fonds de l’UE – une mesure nécessitant l’approbation d’une majorité des États membres de l’UE.
La résolution établit un parallèle entre Fico et le Premier ministre hongrois sortant Viktor Orbán, soulignant la crainte que la Slovaquie ne suive une voie similaire menant à l’érosion des normes démocratiques et des principes de l’État de droit. La Hongrie et la Pologne ont déjà été confrontées à la suspension des fonds européens dans le cadre du mécanisme de conditionnalité de l’Union en raison de préoccupations concernant l’indépendance judiciaire, la corruption et des questions plus générales relatives à l’État de droit. (fc)
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