Principaux renseignements
- La guerre en Iran a un impact négatif sur l’économie européenne, provoquant de l’inflation et ralentissant la croissance.
- La hausse des coûts énergétiques menace d’aggraver encore les difficultés économiques dans toute la zone euro.
- La Banque centrale européenne (BCE) devrait relever ses taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation, malgré les répercussions négatives potentielles sur la production économique.
Alors que les plus grandes économies européennes ont fait preuve d’une résilience variable face à la guerre en Iran qui se poursuit, les inquiétudes concernant son impact économique à long terme ne cessent de croître. L’Allemagne a affiché une croissance modeste de 0,3 pour cent au premier trimestre, l’Italie a progressé de 0,2 pour cent et l’Espagne a connu une hausse surprenante de 0,6 pour cent, dépassant les prévisions des analystes grâce à une demande intérieure et à des échanges commerciaux robustes.
Les craintes inflationnistes s’intensifient
Cependant, l’économie française a connu une stagnation inattendue au cours de la même période. Les pressions inflationnistes ne cessent de s’intensifier dans toute la zone euro. En avril, la France a enregistré son taux d’inflation le plus élevé depuis mi-2024, à 2,5 pour cent, après des hausses similaires en Allemagne et en Espagne.
Ces premiers indicateurs laissent présager un environnement économique difficile pour l’Europe. L’impact total du conflit n’est pas encore pleinement mesuré, car la flambée des coûts énergétiques menace de freiner davantage l’activité économique et d’alimenter l’inflation, qui atteint des niveaux jamais vus depuis 2022.
La BCE navigue dans des vents contraires
La Banque centrale européenne, confrontée à la tâche complexe d’atténuer les conséquences économiques de la guerre, devrait maintenir ses taux d’intérêt à 2 pour cent pour l’instant. Les anticipations du marché suggèrent une hausse des taux en juin.
Ce resserrement pourrait s’avérer nécessaire, car les enquêtes révèlent que les entreprises et les consommateurs anticipent une hausse des prix. L’inflation dans la zone euro est passée ce mois-ci de 2,6 pour cent à 3 pour cent. La persistance des hausses de prix risque de freiner davantage la production économique.
Des répercussions économiques à long terme se profilent
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti que les répercussions du conflit se feront sentir pendant des années. La France et l’Italie ont déjà revu leurs prévisions de croissance à la baisse, tandis que l’Allemagne a divisé par deux ses prévisions pour 2026, les ramenant à 0,5 pour cent.
Ces perspectives moroses constituent un défi pour le chancelier allemand Friedrich Merz, qui avait promis une « année de croissance » pour la première économie européenne après une longue période de stagnation exacerbée par la perturbation des approvisionnements en gaz russe suite à l’invasion de l’Ukraine.
Pour aggraver les difficultés, le chômage en Allemagne reste à son plus haut niveau depuis près de six ans, à 6,4 pour cent, tandis que l’inflation a bondi en avril à son rythme le plus rapide depuis plus de deux ans. Alors que le gouvernement de Merz investit des centaines de milliards d’euros dans les infrastructures et la modernisation de la défense, ces initiatives serviront désormais de tampon contre les répercussions du conflit plutôt que de stimulant pour la croissance.
La France et l’Italie confrontées à des défis économiques
Les performances économiques de la France ont été inférieures aux attentes en raison de la faiblesse du commerce et de la demande intérieure, en particulier dans le secteur de la construction. Le gouvernement français a estimé le coût de la guerre pour les finances publiques à 6 milliards d’euros cette année, et prévoit de compenser cet impact par un gel des dépenses.
L’Italie, qui compte également sur la croissance économique pour soulager ses finances publiques sous pression, a reconnu que son déficit budgétaire n’atteindrait pas la limite de 3 pour cent du PIB fixée par l’Union européenne avant cette année. Un ralentissement de la croissance pourrait limiter la capacité de la Première ministre Giorgia Meloni à respecter ses engagements de dépenses dans les domaines de l’énergie et de la défense. (fc)
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