Principaux renseignements
- L’Europe est confrontée à des défis majeurs pour suivre ses réserves de carburant, en particulier les produits raffinés comme le diesel et le kérosène.
- Le manque de transparence des entreprises privées concernant leurs stocks entrave la prise de décisions éclairées et augmente le risque de pénurie.
- Alors que des efforts sont en cours pour mettre en place un « observatoire des carburants » afin d’améliorer la surveillance, l’obligation de partage des données par les États membres reste un sujet controversé.
La guerre en cours en Iran a considérablement accru la dépendance de l’Europe vis-à-vis des combustibles fossiles et suscité des inquiétudes quant à d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement. Bien que la Commission européenne soit consciente de la hausse des coûts énergétiques, estimée à près de 500 millions d’euros par jour, il existe d’importantes lacunes dans les connaissances concernant les réserves de carburant du continent.
Visibilité limitée sur les stocks de carburants
Malgré la transparence concernant les réserves de pétrole et de gaz détenues par les gouvernements et le partage régulier d’informations entre les responsables nationaux, l’Europe manque de données complètes en temps réel sur les stocks de carburants, en particulier les produits raffinés comme le diesel et le kérosène. Ce manque de visibilité entrave la prise de décision éclairée et augmente le risque de pénuries imprévues.
Le système de surveillance actuel repose principalement sur les statistiques officielles d’Eurostat et sur des réunions de coordination avec les pays membres. Cependant, la plupart des stocks commerciaux ne sont pas divulgués en raison de la réticence des entreprises à partager des données commerciales sensibles. Même les données fournies par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui a coordonné une libération historique de pétrole le mois dernier, sont limitées en raison de ce manque de transparence.
Efforts d’amélioration
Des efforts sont en cours pour améliorer la situation. La Commission européenne prévoit de créer un « observatoire des carburants » afin de suivre la production, les importations, les exportations et les niveaux de stocks de carburants destinés au transport dans toute l’UE. Cependant, le projet en est encore à ses débuts.
Le gaz est relativement plus facile à suivre que les autres carburants, car les pays de l’UE sont tenus de maintenir une capacité de stockage de 90 pour cent avant l’hiver en raison de perturbations passées de l’approvisionnement. Eurostat surveille les stocks de produits pétroliers à travers l’Europe, mais les mises à jour sont peu fréquentes et incomplètes. Si la plupart des pays de l’UE ont respecté les exigences minimales en matière de stocks en janvier, la situation actuelle reste floue.
Difficultés liées au suivi des produits raffinés
Le suivi des produits raffinés pose un défi plus important. Les entreprises privées hésitent à divulguer des informations, invoquant des préoccupations en matière de concurrence. Malgré cela, il n’existe pas encore de consensus clair sur la question de savoir si la Commission imposera le partage des données par les États membres.
Alors que les stocks de gaz étaient déjà faibles avant la guerre en Iran, les efforts visant à reconstituer les réserves sont confrontés à des incertitudes en raison de l’inversion potentielle de la dynamique saisonnière des prix et du réacheminement des marchés énergétiques mondiaux. Les stocks de pétrole brut peuvent être suivis en temps quasi réel grâce à l’analyse d’images satellites, tandis que les stocks de kérosène sont plus difficiles à surveiller en raison de la divulgation limitée des données. (fc)
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