Le ministre américain de la Défense Hegseth sous le feu des critiques en raison du coût d’une guerre avec l’Iran


Principaux renseignements

  • La guerre avec l’Iran a déjà coûté 25 milliards de dollars (21 milliards d’euros) et se heurte à de vives critiques en raison de l’absence d’objectifs clairs et de l’impact négatif sur les prix de l’essence.
  • Les législateurs démocrates remettent en question l’efficacité de l’engagement militaire et soulignent les conséquences graves des pertes civiles persistantes dans le conflit.
  • La politique de défense du ministre Pete Hegseth suscite des interrogations dans les deux camps en raison de la série marquante de licenciements et de changements de personnel au sein de la hiérarchie militaire.

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a été soumis à un examen minutieux de la part des législateurs de la Chambre des représentants lors d’une audition de près de six heures mercredi, sa première comparution devant le Congrès depuis le début de la guerre avec l’Iran. La session, qui portait officiellement sur le budget militaire proposé par l’administration pour 2027, s’est rapidement transformée en un débat houleux sur ce conflit coûteux et les décisions controversées de Hegseth concernant le haut commandement militaire.

Justification de la guerre

Des chiffres du Pentagone présentés à la commission des forces armées de la Chambre des représentants ont révélé le coût vertigineux de la guerre : 25 milliards de dollars, ce qui correspond à 21 milliards d’euros. Les coûts réels pourraient dépasser nettement ce montant. Des démocrates et certains républicains ont interrogé Hegseth en profondeur sur les motivations de la guerre, notamment après son affirmation selon laquelle des frappes américaines avaient détruit les installations nucléaires de l’Iran en 2025.

Le membre démocrate du Congrès Adam Smith a souligné l’incohérence des déclarations de Hegseth et s’est demandé pourquoi le gouvernement avait commencé une guerre contre l’Iran moins d’un an plus tard, alors que la menace des armes nucléaires iraniennes était déjà neutralisée. Hegseth a soutenu que les ambitions nucléaires de l’Iran persistaient malgré la destruction des installations et que le pays possédait encore des milliers de missiles.

Débat sur l’efficacité de la guerre

Smith a rétorqué que la guerre n’avait finalement rien apporté de substantiel, laissant les États-Unis dans la même position qu’avant le début des hostilités.

Alors que les républicains se sont largement concentrés sur les détails du budget militaire et ont exprimé leur soutien à l’opération en Iran, les démocrates ont interrogé Hegseth et le général Dan Caine, président du Comité des chefs d’état-major, sur plusieurs questions cruciales : l’escalade des coûts de la guerre, l’épuisement des munitions américaines essentielles et le bombardement d’une école qui a fait des victimes civiles.

Motivations politiques et accusations

Certains législateurs ont également remis en question les relations du président Donald Trump avec les alliés et ses justifications changeantes du conflit. Hegseth a rejeté ces critiques comme étant motivées par des considérations politiques, accusant les démocrates du Congrès et certains républicains de compromettre la sécurité nationale par leurs propos « imprudents », « irresponsables » et « défaitistes ».

Les démocrates ont accusé Hegseth de tromper le public américain sur les objectifs de la guerre, arguant que la hausse des prix de l’essence avait un impact direct sur des millions d’Américains. Le représentant John Garamendi a qualifié le conflit de « calamité géopolitique », de « gaffe stratégique » et de « blessure auto-infligée » à l’Amérique.

Changements au sein du commandement militaire

Hegseth a défendu ses décisions, affirmant qu’un nouveau commandement était nécessaire au sein de l’establishment militaire. Cette explication n’a pas satisfait la représentante Chrissy Houlahan, qui a remis en question la destitution par Hegseth de personnalités très respectées telles que le général Randy George, le plus haut gradé de l’armée de terre.

Le représentant républicain Don Bacon a reconnu le pouvoir de Hegseth de procéder à des changements de personnel, mais a exprimé des préoccupations bipartites quant à la fréquence et à la nature de ces licenciements. Le Pentagone a également annoncé la démission du secrétaire à la Marine John Phelan, venant s’ajouter à une liste croissante de hauts responsables militaires qui ont été évincés depuis le retour de Trump au pouvoir. (fc)

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