Les logements sociaux vacants en Flandre augmentent de 46 pour cent malgré une demande énorme


Principaux renseignements

  • Le nombre de logements sociaux vacants à long terme en Flandre a bondi de 46 pour cent depuis 2023.
  • Des milliers de demandeurs désespérés doivent faire face à des années d’attente tandis que des logements restent inoccupés.
  • Les responsables gouvernementaux justifient ces déficits en invoquant la nécessité de réaliser des rénovations énergétiques indispensables.

Malgré un besoin criant de logements abordables, un nombre croissant de logements sociaux en Flandre restent inoccupés. Des données récentes analysées par la députée Marianne Verhaert révèlent une tendance inquiétante. En 2025, plus de 11 000 logements sociaux étaient vacants depuis plus de six mois. Cela représente une augmentation significative de 46 pour cent des logements vacants de longue durée depuis 2023. HLN rapporte ça.

L’écart entre la demande et l’offre

Le contraste entre le parc disponible et la demande est frappant. Plus de 215 000 personnes sont actuellement inscrites sur des listes d’attente, avec un délai d’attente moyen de quatre à cinq ans, qui s’étend souvent encore davantage dans les centres urbains.

Environ 15 pour cent de ces demandeurs résident déjà dans un logement social et souhaitent simplement déménager. Cependant, quelque 182 000 personnes se retrouvent sans aucune option de logement social. Verhaert a souligné l’absurdité de la situation, en indiquant que près de vingt candidats se disputent chaque logement vacant de longue durée.

Critique des dépenses publiques

Le gouvernement flamand a alloué un budget annuel colossal d’un milliard d’euros pour faire face à cette crise, avec pour objectif de construire 56 000 nouveaux logements d’ici 2042. Cependant, Mme Verhaert estime que ces dépenses sont inefficaces. Elle suggère que le gouvernement donne la priorité à l’utilisation des biens immobiliers existants avant de se concentrer sur de nouvelles constructions.

De plus, elle souligne que les logements vacants entraînent une perte de revenus locatifs, ce qui nuit au budget public. Elle note également que les sociétés de logement sont confrontées à une pénurie de main-d’œuvre, à des coûts élevés des matériaux et à un manque de terrains disponibles pour les grands projets.

La justification des logements vacants

En réponse, le ministre du Logement, Hans Bonte, a expliqué que la hausse des logements vacants est en grande partie intentionnelle et temporaire. Il affirme que de nombreux logements sociaux sont vétustes et peu performants sur le plan énergétique, ce qui nécessite des rénovations en profondeur qui les rendent inhabitables pendant la durée des travaux. Selon M. Bonte, ces travaux de modernisation sont essentiels pour réduire les futurs coûts énergétiques des locataires. Il a attribué la forte hausse des logements vacants à une « vague de rénovation », comme en témoigne l’épuisement rapide des budgets consacrés aux prêts à la rénovation.

Afin d’atténuer l’impact sur les locataires, le gouvernement a mis en œuvre une nouvelle stratégie. Depuis février, les résidents sont autorisés à rester dans leur logement pendant les réparations mineures. Pour les projets de plus grande envergure, le gouvernement recourt de plus en plus à des logements modulaires afin de fournir un hébergement temporaire, évitant ainsi la vacance inutile d’autres logements permanents.

(mv)

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