Principaux renseignements
- Cette semaine, le gouvernement américain a annoncé le calendrier pour la construction de réacteurs nucléaires dans l’espace, destinés à alimenter en énergie les futures missions spatiales et lunaires de la NASA.
- La NASA collabore avec le Pentagone et le département de l’Énergie pour envoyer, avant 2030, le premier réacteur en orbite autour de la Terre.
- Malgré ce calendrier serré, les actions boursières de plusieurs grandes entreprises américaines spécialisées dans l’énergie nucléaire ont augmenté.
Mercredi dernier, la Maison Blanche a annoncé le nouveau calendrier pour l’utilisation de l’énergie nucléaire dans l’espace. Sous le nom de « National Initiative for American Space Nuclear Power », les États-Unis souhaitent lancer dès 2028 des réacteurs nucléaires qui orbiteront autour de la Terre. L’objectif est ensuite de construire en 2030 un réacteur fixe sur la Lune, qui servira à alimenter en énergie les futures missions lunaires.
Besoin accru en énergie
Cette annonce constitue la première série concrète de lignes directrices pour les applications civiles et militaires de la technologie nucléaire dans l’espace. Les systèmes de propulsion traditionnels à énergie solaire et chimique ne suffisent plus pour atteindre les objectifs ambitieux en matière d’exploration spatiale des prochaines décennies. De plus, chaque jour et chaque nuit sur la Lune durent environ deux semaines ; il faudra donc prévoir une source d’énergie alternative pendant les séjours de longue durée prévus sur la Lune afin de pallier les périodes sans lumière solaire.
Ce n’est pas une première
Au fil des ans, les États-Unis ont investi plus de 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros) dans des projets nucléaires spatiaux, mais aucun réacteur n’a jamais été concrétisé. Le projet le plus connu est Prometheus, qui visait à développer des systèmes de propulsion nucléaire pour des missions spatiales de longue durée vers les planètes les plus éloignées de notre système solaire. Dans ces régions, la lumière solaire est généralement insuffisante pour alimenter les engins spatiaux grâce à l’énergie solaire. Entre 2003 et 2005, le gouvernement américain a injecté plus de 465 millions de dollars (394 millions d’euros) dans la recherche et le développement, mais le projet n’a jamais abouti.
Les États-Unis ne sont pas le seul acteur à afficher ouvertement des ambitions dans le domaine de l’énergie nucléaire spatiale. La Chine comme la Russie travaillent déjà sur des systèmes nucléaires spatiaux, y compris des réacteurs pour des missions lunaires et martiennes. Avec cette initiative, Washington entend prendre de l’avance sur ses concurrents dans la nouvelle course à l’espace. L’utilisation de l’énergie nucléaire comme moyen de propulsion représente une étape majeure vers des vols habités vers Mars.
Impact sur les marchés boursiers
Après l’annonce du calendrier ambitieux du gouvernement américain, les cours de plusieurs entreprises technologiques américaines spécialisées dans l’énergie nucléaire ont fortement progressé. Les actions d’Oklo, producteur de réacteurs nucléaires modulaires de taille moyenne, ont bondi de 8 % en préouverture. Nano Nuclear Energy et Uranium Energy ont également enregistré des hausses, respectivement de 7,3 % et 2,1 %, vers 11h40 jeudi matin. (fc)
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