Les États-Unis hésitent à conclure un accord sur les F-35 avec l’Arabie saoudite, craignant l’espionnage chinois


Principaux renseignements

  • Les services de renseignement américains avertissent que la Chine pourrait voler des secrets concernant le F-35 par le biais de partenariats avec l’Arabie saoudite.
  • Les experts en sécurité exigent le retrait du matériel de télécommunications chinois afin de protéger les données militaires.
  • Israël craint que cet accord ne porte atteinte à son avantage militaire qualitatif, garanti par la loi.

Les agences de renseignement américaines ont émis des avertissements concernant un projet d’accord de 24 milliards de dollars (20,8 milliards d’euros) portant sur la vente d’avions de chasse F-35 à l’Arabie saoudite, invoquant le risque que la Chine puisse s’emparer de technologies militaires sensibles. C’est ce qu’écrit le New York Times.

Des évaluations internes, notamment un rapport détaillé de l’Agence de renseignement de la Défense (DIA), suggèrent que Pékin pourrait exploiter ses partenariats de sécurité avec le royaume ou se livrer à des activités d’espionnage pour acquérir des secrets techniques.

Risques d’espionnage

L’une des principales préoccupations soulevées par la DIA concerne la présence de personnel militaire chinois sur les bases saoudiennes et l’utilisation généralisée de matériel de télécommunications de fabrication chinoise. Les responsables du renseignement se demandent si les États-Unis et l’Arabie saoudite peuvent véritablement garantir la sécurité des sites abritant ces appareils.

Pour atténuer ces risques, le rapport suggère de restreindre l’accès exclusivement au personnel américain et saoudien et demande si le royaume serait disposé à retirer de ses réseaux de défense et de communication les équipements provenant d’entreprises chinoises telles que ZTE et Huawei.

Précédents et liens

La proposition actuelle porte sur 48 avions de combat et un moteur de remplacement, que le Département d’État a soumise au Congrès en juin pour approbation préliminaire. Elle s’inscrit dans une série de préoccupations similaires en matière de sécurité ; une précédente tentative de vente de F-35 aux Émirats arabes unis avait été abandonnée après que des inquiétudes se sont manifestées concernant le resserrement des liens de ce pays avec la Chine.

Par ailleurs, le gouvernement saoudien continue de collaborer avec la Chine sur la production et l’exploitation de missiles balistiques, un sujet de discorde que les législateurs démocrates avaient soulevé auprès du président Biden en 2022.

Israël

Au-delà de la menace d’espionnage chinois, cet accord a suscité des inquiétudes en Israël. En tant que seul pays du Moyen-Orient exploitant actuellement le F-35, Israël s’appuie sur son « avantage militaire qualitatif », un statut imposé par la législation américaine pour garantir sa sécurité régionale.

Les responsables israéliens craignent que le fait de fournir les mêmes capacités avancées à l’Arabie saoudite ne compromette cet avantage stratégique.

Modernisation et ambitions nucléaires

Le contexte géopolitique est encore compliqué par les ambitions du prince Mohammed ben Salmane de moderniser son armée à la suite des conflits au Yémen et des tensions persistantes avec l’Iran. Alors que l’Arabie saoudite reste l’un des principaux acheteurs d’armement américain, la volonté de l’administration Trump de faciliter cet accord — et éventuellement de contourner l’approbation du Congrès par le biais de déclarations d’urgence, comme l’a fait le secrétaire d’État Marco Rubio pour Israël — reste un sujet de débat.

De plus, les responsables américains se montrent méfiants à l’égard d’un accord distinct visant à aider le royaume à développer un programme nucléaire civil, compte tenu des déclarations du prince laissant entendre qu’il pourrait se doter d’armes nucléaires si l’Iran en faisait de même. (fc)

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