Principaux renseignements
- La logistique détermine l’efficacité au combat du F-35.
- L’augmentation des effectifs a submergé le réseau de maintenance existant.
- Un financement massif est nécessaire pour développer les infrastructures et garantir la fiabilité.
Le succès du F-35 Lightning II lors de l’opération « Epic Fury » en mars 2026 a révélé une vérité fondamentale : l’efficacité de l’appareil dépend entièrement de la logistique.
Le général de brigade Brian Laidlaw, de l’Air Combat Command, a souligné lors d’un événement organisé le 14 septembre par l’Air & Space Forces Association que les avions avaient affiché des performances exceptionnelles dès lors qu’ils avaient bénéficié d’un accès prioritaire à la maintenance et aux pièces de rechange. Ces performances au combat contredisent un historique de mauvaises notes en matière de préparation opérationnelle et de couverture médiatique négative concernant la fiabilité opérationnelle de l’appareil.
Préparation limitée
Avant le conflit avec l’Iran, le F-35 souffrait de retards de maintenance importants et d’un manque de pièces détachées. Les données du Government Accountability Office ont montré une forte baisse des taux de capacité opérationnelle, passant de 67 pour cent en 2021 à 44 pour cent en 2025.
La situation concernant la capacité opérationnelle totale était encore plus alarmante. D’ici 2025, seuls 25 pour cent de la flotte seraient en mesure d’exécuter toutes les missions qui leur seraient confiées. Si les unités de l’armée de l’air s’en sortaient légèrement mieux que leurs homologues de la marine et du Corps des Marines, la tendance générale indiquait une flotte en crise.
Problèmes d’évolutivité
L’une des principales causes de ces défaillances réside dans le fait que le programme F-35 s’est développé bien au-delà de son système de soutien. Alors que la flotte a atteint 1 300 appareils en 2026, le cadre logistique existant n’était conçu que pour gérer environ 700 à 800 avions.
Le général de corps d’armée Michael Masiello avait précédemment informé le Congrès que la taille de la flotte avait tout simplement submergé son réseau de maintenance.
Financement de la « Global Support Solution »
Pour remédier à ces failles systémiques, le Bureau du programme interarmées a proposé la « Global Support Solution Reset », sollicitant un financement de 13,7 milliards de dollars (12 milliards d’euros) jusqu’en 2031. L’objectif est de stabiliser la capacité opérationnelle à 80 pour cent et la pleine capacité opérationnelle à 65 pour cent.
Cependant, la réalisation de ces objectifs repose en grande partie sur le secteur privé. Lockheed Martin a tenté de combler ce déficit en investissant 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) de ses propres fonds pour accélérer l’approvisionnement en pièces et renforcer la capacité de la chaîne d’approvisionnement, tout en obtenant un contrat gouvernemental de 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros) pour des composants essentiels.
Préoccupations en matière de durabilité
Malgré ces efforts, la forte augmentation du nombre d’heures de vol — qui progresse de 25 pour cent par an — continue de mettre à rude épreuve les centres de réparation et le personnel. Si le contexte de guerre au Moyen-Orient a temporairement renforcé l’état de préparation grâce à une hiérarchisation des priorités en situation d’urgence, ce niveau de soutien n’est probablement pas tenable à long terme.
Tant que l’infrastructure sous-jacente n’aura pas été développée pour s’adapter à la taille de la flotte, les récents progrès du F-35 en matière de fiabilité pourraient n’être que temporaires. (fc)
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