Principaux renseignements
- La Banque du Japon devrait relever ses taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation.
- Ce changement de politique aligne le Japon sur les tendances mondiales de resserrement monétaire.
- Le gouverneur Kazuo Ueda doit trouver un équilibre entre la stabilité des marchés et une nouvelle dépréciation du yen.
Face à des menaces inflationnistes croissantes, la Banque du Japon devrait relever ses taux d’intérêt ce vendredi, atteignant un niveau jamais vu depuis plus de trois décennies. Cet ajustement aligne la banque centrale japonaise sur les autres autorités monétaires mondiales qui luttent actuellement contre la hausse des prix alimentée par le coût élevé de l’énergie.
En s’éloignant de sa politique de longue date de taux d’intérêt extrêmement bas, la Banque du Japon réduit progressivement l’attrait du yen en tant que source de financement à faible coût pour les investisseurs internationaux.
Tendances mondiales de resserrement monétaire
Cette décision attendue fait suite à des mesures de resserrement similaires prises par la Banque centrale européenne, soulignant une tendance mondiale à donner la priorité à la maîtrise de l’inflation.
Explications de Ueda déterminantes pour la réaction du marché
Les acteurs du marché ont largement anticipé cette hausse, reportant désormais leur attention sur les indications du gouverneur Kazuo Ueda concernant la fréquence et l’ampleur des futures hausses.
Les experts notent que la réaction du marché reste imprévisible. Certains estiment qu’une position plus ferme stabilisera les rendements obligataires en démontrant que la Banque du Japon est proactive, tandis que d’autres craignent qu’elle ne fasse grimper les rendements. Par conséquent, maintenir une certaine ambiguïté dans la communication pourrait être la stratégie la plus prudente pour la banque.
Prévisions de hausses des taux
Au cours de la session actuelle de deux jours, le taux directeur devrait passer de 1 pour cent à 1,25 pour cent. Si la plupart des responsables préfèrent probablement cette hausse modeste de 25 points de base afin d’évaluer les effets des hausses précédentes, certains désaccords internes persistent, certains membres du conseil d’administration pouvant s’opposer à cette mesure.
Cela fait suite à une année de transition au cours de laquelle la Banque du Japon a mis fin à dix ans de mesures de relance, invoquant les risques liés à la dépréciation de la monnaie, au coût élevé des importations et à la forte hausse de la demande liée à l’intelligence artificielle.
Exercice d’équilibre
Le gouverneur Ueda doit désormais trouver un équilibre délicat. Un ton prudent et axé sur les données pourrait entraîner une nouvelle dépréciation du yen et une hausse des coûts d’importation, tandis qu’un signal trop agressif risquerait de déstabiliser le marché obligataire, où les rendements ont déjà atteint leur plus haut niveau depuis 30 ans en raison des inquiétudes budgétaires.
Cette hausse porterait le taux directeur dans la zone neutre estimée entre 1,1 pour cent et 2,5 pour cent – le point où la politique monétaire ni ne stimule ni ne freine la croissance économique.
(at)
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