Principaux renseignements
- Le gouvernement Trump a soumis au Congrès un accord nucléaire civil avec l’Arabie saoudite d’une durée de 30 ans.
- Les tensions diplomatiques autour d’Israël et de la Palestine constituent une menace pour la mise en œuvre finale de cet accord.
- Des entreprises américaines seraient chargées de superviser un système d’enrichissement de type « boîte noire » afin de protéger les technologies sensibles.
L’administration Trump a officiellement soumis au Congrès, pour examen, un accord nucléaire civil majeur avec l’Arabie saoudite. Cet accord d’une durée de 30 ans permettrait à des entreprises américaines de fournir au Royaume des technologies nucléaires à des fins pacifiques.
À compter de cette soumission, les législateurs disposent de 90 jours pour examiner l’accord. Bien que le Congrès ait le pouvoir de bloquer l’accord, le président pourrait opposer son veto, ce qui nécessiterait alors une majorité des deux tiers dans les deux chambres pour que le rejet soit définitif.
Obstacles diplomatiques
Il subsiste toutefois un obstacle diplomatique majeur : la normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël. Le président Trump a déclaré qu’une telle avancée diplomatique était une condition préalable à la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire.
L’Arabie saoudite, quant à elle, campe sur sa position selon laquelle la création d’un État palestinien autonome est une condition non négociable à la reconnaissance d’Israël. Bien que les progrès vers un accord bilatéral en 2023 semblaient prometteurs, les conflits à Gaza suite aux attentats du 7 octobre ont paralysé ces efforts.
Enrichissement de l’uranium sous contrôle américain
Sur le plan technologique, l’accord s’écarte considérablement du pacte conclu par Washington avec les Émirats arabes unis en 2009, qui interdisait strictement le retraitement du plutonium et l’enrichissement de l’uranium sur le territoire national. La proposition actuelle prévoit une période de deux ans pour évaluer si l’enrichissement sur place est économiquement viable et nécessaire.
Si elle est approuvée, toute infrastructure d’enrichissement serait construite par des entreprises américaines selon un système de « boîte noire ». Ce modèle garantit une supervision américaine et empêche le transfert de technologies sensibles cruciales, tout en permettant à l’Arabie saoudite d’enrichir son combustible.
Ambitions nucléaires de Riyad
L’Arabie saoudite reste déterminée à conserver la capacité d’enrichir de l’uranium. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a indiqué que le pays chercherait à se doter de ses propres armes nucléaires si l’Iran venait à en acquérir. Outre la sécurité, Riyad vise à intégrer l’énergie nucléaire afin de réduire la dépendance nationale vis-à-vis des combustibles fossiles, ce qui permettrait de mettre davantage de pétrole et de gaz à la disposition des marchés internationaux.
Du point de vue américain, cet accord constitue une manœuvre stratégique visant à garantir que l’industrie américaine s’assure le marché nucléaire saoudien et à empêcher la Chine ou la Russie de prendre pied dans ce secteur. (lv)
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