Les États-(dés)Unis d’Amérique: un Américain sur deux vivra les quatre prochaines années avec amertume et pessimisme

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Le président américain Donald Trump a achevé ses derniers meetings électoraux hier soir. Trump s’est rendu dans 4 États différents et son message était à peu près le même partout. Lors de ces quatre réunions, plusieurs célébrités ont été fustigées. Parmi celles-ci: l’épidémiologiste Anthony Fauci, mais aussi la star du basket-ball James LeBron et les musiciens Beyoncé, Jay Z, Jon Bon Jovi et Lady Gaga. Et lorsqu’en Pennsylvanie, les supporters de Trump se sont spontanément mis à crier ‘LeBron James est nul’, Trump les a félicités. 

Cet incident montre à quel point le président des États-Unis a réussi à monter les citoyens de son pays les uns contre les autres au cours des quatre dernières années.

La politique américaine: le terrain des hostilités

Il n’est pas juste de pointer du doigt la star de la télé-réalité et le roi de l’immobilier, âgé de 74 ans. Bien avant l’arrivée au pouvoir de Trump, la politique américaine était le terrain de toutes les hostilités, avec des audiences, des enquêtes spéciales, des accusations, des scandales, des médisances et des attaques contre des personnalités publiques. Trump n’a fait qu’accélérer et accentuer cette tendance, avec beaucoup d’enthousiasme. 

Biden a promis de réunifier le pays et de ne pas faire de distinction entre les ‘États rouges’ (États républicains) et les ‘États bleus’ (États démocratiques). Mais est-ce encore encore possible dans le climat actuel ? De nos jours, aux États-Unis, les politiques ne vont plus à Washington DC pour échanger leurs idées, mais bien pour nuire à l’autre parti. En politique, il est toujours plus facile d’être dans l’opposition que du ‘bon côté’ : vous ne pouvez gagner que si l’autre partie perd.

Si Trump gagne, les États rouges, les États républicains donc, seraient amenés à se poser les questions suivantes:

  • Comment est-il possible que les bureaux de vote, tout comme il y a 4 ans, aient tout à fait ignoré la réalité et qu’ils aient donné à Biden une avance de plusieurs pourcents, soit une avance qui n’a jamais existé puisque les votes sont truqués ?
  • Pourquoi les ‘États bleus’ n’ont-ils pas voulu voir que Biden est un lâche qui a fait profil bas pendant plusieurs mois, alors que Trump a tant fait parler de lui ? Comme le disait le cinéaste Michael Moore : ‘Les supporters de Trump sont prêts à parcourir plusieurs miles à pied pour le voir parler; je ne connais personne qui ferait cela pour Bernie ou Joe’.
  • Qu’est-ce qui cloche dans le programme de Trump?
  • Pourquoi les démocrates n’ont-ils pas réalisé que les ‘électeurs timides’ existent et qu’ils en ont assez des discours socialistes et communistes de Bernie Sanders, du ‘ Squad’ (les quatre parlementaires qui tiennent tête à Trump), des pillages et de la violence provoquée par les manifestations en faveur du mouvement BLM ?
  • Pourquoi, en fin de compte, les électeurs républicains et les milices privées, plutôt que la police, devraient-ils surveiller les irrégularités dans les bureaux de vote, alors qu’il a été clairement prouvé pendant longtemps que les démocrates ne pouvaient gagner qu’en cas de fraude massive ?
  • Pourquoi les démocrates ne veulent-ils pas comprendre que le Collège électoral garantit les droits de chaque Américain, à l’inverse du vote populaire ‘frivole’?

Mais si Biden gagne, les ‘États bleus’ se poseront également plusieurs questions :

  • Pourquoi les républicains n’ont-ils pas vu que quatre années supplémentaires sous le règne de Trump conduiraient le pays à la haine et à la division? Et que l’enthousiasme de la population envers Trump ne pourrait jamais dépasser la haine ressentie à son égard ou la sympathie éprouvée envers Biden ?
  • Pourquoi, malgré tout, les ‘Redlands’ ont-ils continué à croire et à faire confiance à un homme qui a déblatéré des milliers de mensonges au cours de son premier mandat, qui n’a fait que s’enrichir lui et sa famille ou encore, qui a licencié ou mis à l’écart tous ceux qui se mettaient au travers de son chemin?
  • Pourquoi les républicains n’ont-ils pas compris que Trump n’a pas séduit les jeunes électeurs, qu’il a perdu beaucoup de votants plus âgés en minimisant les effets du Covid-19 ?
  • Comment les partisans de Trump ont-ils pu penser que la population afro-américaine voterait en masse pour le président?
  • Pourquoi les électeurs de Trump ne comprennent-ils pas que l’Amérique finit toujours par revenir au centre (tel est l’exemple de Clinton après Reagan/Bush I ou encore, Obama après Bush II, Biden après Trump) ?
  • Pourquoi les électeurs républicains n’ont-ils pas compris que les États-Unis ne pouvaient continuer à donner une telle représentation du pays sur la scène internationale ? 
  • Pourquoi les partisans de Trump n’ont-ils pas compris que les attaques de Trump contre les juges et le vote par correspondance étaient surtout basés sur du vent ?
  • Pourquoi les ‘Redlands’ n’ont-ils pas compris que la démographie du pays ne jouait pas en leur faveur et que la technique de ‘suppression des électeurs’ n’aurait jamais rien pu changer à cela ?

Quel que soit le candidat qui l’emportera ce soir ou plus tard, une chose est sûre: la moitié de l’Amérique vivra ces quatre prochaines années dans l’amertume et le pessimisme.

Gloire au président qui pourra inverser la vapeur.