Les 7 moments spatiaux qui nous ont mis des étoiles dans les yeux en 2019 (ou pas)

La fusée Starship de Spacex, bientôt désuète? (Isopix)

Quand on parle d’espace, on pense à la NASA, SpaceX, Boeing, encore SpaceX et peut-être un autre, souvent oublié. Ça tombe bien car ce sont eux qui ont façonné l’année 2019 au niveau spatial.

Le business de l’espace en a vu des vertes et des pas mûres cette année, surtout ces derniers mois. On ne vous spoile pas tout de suite mais si vous espériez début 2019 voir l’Homme débarquer sur Mars en cours d’année, vous êtes sans doute déçu (et à juste titre, car ce n’était pas au programme). On recense tout de même un peu d’optimisme pour 2020 dans ce classement des 7 grands moments spatiaux de 2019.

1. La fusée Starship de SpaceX

Pour une fois, on ne vous la fait pas à l’envers et on commence directement par notre petit chouchou de cette année: Starship. Le vaisseau de l’entreprise de fusées SpaceX d’Elon Musk s’est retrouvé à plusieurs reprises à la une des médias. À commencer par le test du Starhopper, un vaisseau de taille réduite qui a réalisé un de ses essais les plus importants en août dernier.

Est ensuite venu the Starship (Mark 1), un véhicule d’essai plus puissant et plus avancé. Musk a célébré son achèvement lors d’un événement médiatique en septembre, où il a expliqué les dernières mises à jour de sa conception. C’était avant qu’il n’explose en plein essai, en novembre dernier (le vaisseau, pas Elon Musk). À noter que son objectif final est bien d’emmener l’Homme sur Mars…

Lire aussi: SpaceX : Starship: le vaisseau d’Elon Musk qui doit nous emmener sur Mars

2. La NASA retourne sur la Lune (mais n’est plus seule)

Celle qui a permis à l’Homme de marcher sur la Lune ne compte pas se laisser distancer. Et annonce qu’elle vise désormais… la Lune, encore. Mais plus toute seule. En mars 2019, le projet Artémis est annoncé: la NASA doit renvoyer les astronautes américains sur la surface lunaire dans les cinq prochaines années ‘par tous les moyens nécessaires’, dixit le vice-président Mike Pence. Grande avancée: une femme fera partie de l’équipage. Oui, on est bien en 2020.

Cette fois, la NASA fait aussi appel à des partenaires commerciaux afin d’accélérer la cadence. ‘Nous le faisons d’une manière totalement différente de ce que nous faisions dans les années 1960’, déclare à CNN Jim Bridenstine, grand chef de la NASA. ‘La raison pour laquelle nous avons besoin d’opérateurs commerciaux est qu’ils peuvent stimuler l’innovation s’ils sont compétitifs.’ Pour contrer la concurrence nommée SpaceX ou encore Blue Origin (fondée par le CEO d’Amazon Jeff Bezos), la NASA s’associe avec Boeing pour construire une énorme fusée… qui enchaîne les retards et déboires. Bref, la conquête de l’espace 3.0 est lancée.

Lire aussi: Les projets fous de la NASA pour le futur

Les nouvelles combinaisons spatiales de la NASA qui permettront aux astronautes du programme Artémis de retourner sur la Lune dès 2024. (Source: EPA)

3. L’explosion du Crew Dragon de SpaceX

Rebelotte pour SpaceX. Le Crew Dragon était parfait… trop parfait. Le vaisseau avait d’abord réussi un vol d’essai crucial en mars 2019. Il s’est mis en orbite sans équipage à bord, s’est amarré de façon autonome à la station spatiale et est rentré chez lui en toute sécurité. De toute beauté.

Et puis, moins de deux mois plus tard, il a explosé lors d’un autre essai au sol. Encore une fois, la NASA a dû ajuster le calendrier pour la capsule de SpaceX.

Elon Musk peut tout de même souffler, son entreprise a annoncé la semaine dernière avoir terminé avec succès le dixième essai consécutif pour le nouveau système de parachutes de sa capsule d’équipage Crew Dragon.

4. L’essai raté du Starliner de Boeing

Comment parler de l’explosion de Crew Dragon sans mentionner le raté du vaisseau Starliner de Boeing? Il semblerait que la destinée des deux frères ennemis spatiaux soit liée. Il y a quelques jours seulement, le vaisseau spatial réutilisable CST-100 Starliner décollait pour son premier vol d’essai sans équipage vers la Station spatiale internationale. Test qui devait permettre de lancer des astronautes au début de 2020.

C’était sans compter sur les caprices des moteurs. Après avoir tenté de corriger sa position orbitale automatiquement, la NASA a déclaré forfait et a dû rapidement ramener le Starliner sur Terre. Pour le premier vol avec équipage humain, on repassera.

Lire aussi: Le Starliner de Boeing décolle vers l’espace et doit déjà revenir après un problème

5. La constellation de satellites Starlink

Si vous commencez à vous y perdre avec tous ces Star-machins, voici le dernier de la liste (pour l’instant). Starlink, c’est le nom de la constellation de satellites que SpaceX est en train de construire. Constellation qui espère fournir au monde entier une connectivité à haut débit et bon marché. Vous avez bien lu.

Alors que la NASA annonce sa première femme sur la Lune comme une vraie révolution, SpaceX veut déjà créer le wifi de l’espace. Ne pas mettre la fusée avant les boeufs, c’est un concept que les génies spatiaux ont visiblement du mal à saisir. On peut toutefois concéder à l’entreprise d’énormes progrès cette année avec 60 satellites lors de son premier lancement Starlink en mai, puis 60 autres en novembre.

SpaceX espère déployer son Internet Starlink aux États-Unis dès l’année prochaine, avant de s’étendre à d’autres marchés. Notons que Starlink pourrait atteindre plus de 40.000 satellites… Un réseau qui coûtera toutefois plusieurs milliards de dollars à mettre en place. Et d’autres se sont déjà brûler les ailes avant SpaceX, déclarant faillite dans des projets similaires. Mais n’est pas Elon Musk qui veut.

Lire aussi: SpaceX lance des ‘super-souris’ dans l’espace

6. L’introduction en bourse de Virgin Galactic

Il n’y en a pas que pour SpaceX. Virgin Galactic a aussi son mot à dire et l’a fait savoir en octobre dernier, en devenant la première entreprise de tourisme spatial à faire ses débuts en bourse. C’est également un grand pas pour l’industrie du ‘nouvel espace’, après des décennies de domination des agences spatiales et de leurs sous-traitants.

Le milliardaire Richard Branson a fondé Virgin Galactic en 2004 pour transporter des passagers lors de brefs voyages dans l’espace suborbital. Après de nombreux contretemps, dont un accident mortel en 2014, l’entreprise a réussi son deuxième vol d’essai dans l’espace en février. Et prévoit de faire décoller ses clients dès l’année prochaine.

Richard Branson, fondateur de Virgin Galactic, sonne une cloche de cérémonie sur le sol de la Bourse de New York, alors que les actions de sa société sont ouvertes à la négociation, le lundi 28 octobre 2019. (AP Photo/Richard Drew)

7. Des investissements records

L’année 2019 aura aussi été celle de tous les records en termes spatiaux. C’est en tout cas ce que rapportent les chiffres de la société d’investissement Space Angels: 5 milliards de dollars ont été investis dans les entreprises spatiales au cours des neuf premiers mois de l’année. C’est sans surprise SpaceX qui rafle la mise, en levant un milliard de dollars en six mois à peine, un réel exploit. L’entreprise Blue Origin de Jeff Bezos arrive pourtant sur ses talons, rivale pour des contrats de lancement militaire.

L’évolution du marché est désormais bien claire: exit les gros satellites qui nécessitent une fusée dédiée, so 2018, et bonjour les petits satellites, ou ‘smallsats’, dont la demande ne cesse de grimper en flèche. On attend maintenant de voir si 2020 réussira à nous expédier sur d’autres planètes, à défaut de prendre soin de la nôtre.

Lire aussi: Poutine craint une militarisation de l’espace par l’Otan