Principaux renseignements
- De plus en plus de salariés belges préfèrent travailler au bureau plutôt que de télétravailler.
- Les relations sociales renforcent le besoin de travailler ensemble au bureau.
- Les espaces de travail dédiés encouragent la présence au bureau plus efficacement que les postes de travail flexibles.
Une récente enquête menée par le promoteur immobilier Befimmo révèle que l’attitude des salariés belges vis-à-vis du télétravail est en train d’évoluer.
Changement de mentalité
Selon cette enquête, menée par iVox auprès de 1 000 salariés et 200 étudiants, environ un tiers des salariés préfèrent désormais abandonner complètement le télétravail. Cela représente une hausse de 8 pour cent par rapport à l’année dernière et témoigne d’un changement de mentalité qui s’inscrit dans la lignée des tendances déjà observées aux États-Unis.
Bien qu’un modèle hybride reste le choix le plus populaire et que 11 pour cent souhaitent toujours travailler à distance à temps plein, une part croissante de la population active estime que le télétravail ne contribue pas au sentiment général de bien-être.
L’équilibre entre productivité et liens sociaux
Stijn Baert, expert en économie du travail, fait remarquer que l’équilibre idéal varie en fonction des priorités de l’employé. Bien que la productivité soit souvent maximale lorsque le télétravail représente 70 pour cent du temps de travail et qu’une répartition de 50 pour cent soit généralement la meilleure pour l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, les salariés qui accordent de l’importance aux contacts professionnels et à la cohésion d’équipe préfèrent passer plus de temps au bureau. Pas moins de 41 pour cent des participants à l’enquête ont cité le besoin de liens sociaux et de collaboration comme principale motivation pour retourner au bureau.
Aménagement des bureaux
Cependant, l’aménagement physique du lieu de travail a un impact significatif sur cette envie de retour. On observe un contraste marqué entre les personnes disposant d’un bureau attitré et celles utilisant des espaces de travail flexibles. Environ 38 pour cent des employés disposant de leur propre bureau souhaitent travailler sur place tous les jours, contre seulement 13 pour cent de ceux affectés à des « bureaux partagés » ou à des espaces ouverts.
Plus de la moitié des utilisateurs d’espaces de travail flexibles ont indiqué que le bruit et les interruptions nuisaient à leur productivité, et seul un tiers d’entre eux estime pouvoir se concentrer efficacement. Le professeur Baert suggère que les environnements de bureau ouverts ne favorisent pas nécessairement le travail d’équipe, comparant le bruit constant à une distraction indésirable qui ne permet pas de créer de véritables liens.
Paradoxe de l’entreprise
Cela crée une situation paradoxale pour les entreprises. Alors que de nombreux employeurs encouragent le retour au bureau – une tendance relevée par SD Worx – , beaucoup ont simultanément réduit le nombre de postes de travail permanents afin de réduire les coûts.
Jean-Philippe Vorniks, PDG de Befimmo, met en garde contre le cercle vicieux que cela engendre. Les employés sont moins enclins à retourner sur un lieu de travail où ils ne disposent pas d’un espace privé propice à la concentration. Les données corroborent cette observation. Elles montrent que près de 40 pour cent des personnes souhaitant se rendre au bureau tous les jours disposent d’un bureau attitré, tandis que seuls 8 pour cent des utilisateurs de bureaux partagés partagent ce sentiment.
Trajet domicile-travail
Enfin, le trajet domicile-travail reste un facteur déterminant, car les personnes résidant à moins de 30 minutes de leur bureau sont bien plus enclines à y retourner que celles dont le trajet dépasse 90 minutes.
(at)
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