Les salariés belges préfèrent l’évolution de carrière en interne au changement fréquent d’emploi


Principaux renseignements

  • La plupart des salariés belges privilégient désormais l’évolution de carrière en interne plutôt que de changer d’entreprise.
  • Le manque de transparence au sein des entreprises freine les ambitions professionnelles.
  • Des stratégies de développement flexibles garantissent la fidélisation des talents à long terme.

Une étude récente menée par Stepstone Belgium et Acerta, auprès de plus de 1 700 participants, révèle que 70 pour cent des salariés belges privilégient l’évolution professionnelle au sein de leur entreprise actuelle. Cela témoigne d’une évolution de tendance, le « job hopping » n’étant plus l’objectif principal pour progresser dans sa carrière. En effet, près de 47 pour cent des travailleurs ont exprimé le souhait d’évoluer vers un autre poste au sein de leur propre organisation au cours de l’année à venir, un chiffre en augmentation constante depuis 2024.

Fossé entre ambitions et opportunités

Malgré cette forte volonté, il existe un écart significatif entre les aspirations des salariés et la réalité des entreprises. Plus de la moitié des salariés font état d’un manque de parcours clairs pour la promotion interne.

Les mouvements réels sont minimes, avec moins de 8 pour cent des salariés ayant changé de poste au cours de l’année écoulée. Si environ 40 pour cent ont pris en charge des tâches supplémentaires ou de nouveaux projets, ceux-ci n’ont pas abouti à des changements de poste officiels.

Redéfinir l’évolution professionnelle

Les salariés d’aujourd’hui considèrent l’évolution professionnelle comme une raison essentielle de rester dans une entreprise. Au-delà des simples promotions, ils recherchent des environnements offrant un apprentissage continu et la possibilité d’adapter leur poste à leurs atouts personnels.

Environ 80 pour cent des personnes interrogées soulignent la nécessité d’une transparence concernant les postes vacants en interne, tandis que plus de 77 pour cent apprécient la possibilité d’acquérir de nouvelles compétences et la flexibilité nécessaire pour aligner leur travail sur leurs centres d’intérêt. De plus, 70 pour cent considèrent que des entretiens réguliers sur le développement professionnel sont essentiels.

La soif de progression est particulièrement marquée chez les femmes et les jeunes collaborateurs.

Stratégies de fidélisation des talents

Naomi Ruelens, d’Acerta Consult, suggère que les employeurs, dans un marché de l’emploi concurrentiel, peuvent tirer parti de cette tendance. Elle note que l’évolution professionnelle ne passe pas toujours par un nouveau titre de poste ; les entreprises peuvent plutôt favoriser la fidélité et l’engagement par le mentorat, la rotation des postes et la formation spécialisée. En élargissant la définition du développement de carrière, les entreprises peuvent fidéliser les talents même en l’absence de postes vacants au sens traditionnel du terme.

Échecs des entreprises en matière d’accompagnement et de transparence

Cependant, de nombreuses organisations ne parviennent actuellement pas à répondre à ces attentes. Environ 26 pour cent des salariés critiquent le manque de transparence concernant les postes vacants en interne, et près d’un tiers estime ne pas disposer des ressources nécessaires pour développer de nouvelles compétences ni de la flexibilité requise pour adapter leurs fonctions. L’échec le plus grave concerne l’accompagnement, puisque 43 pour cent des salariés affirment que les discussions sur leur carrière sont insuffisantes.

Mobilité interne discrète

De plus, l’étude met en évidence une préférence pour la confidentialité. Près de 68 pour cent des employés préféreraient postuler à des postes internes en toute discrétion afin d’éviter des tensions avec leurs responsables ou leurs collègues.

Ruelens soutient que le fait d’autoriser les candidatures confidentielles peut en réalité encourager la mobilité interne en réduisant la barrière psychologique qui empêche les employés d’explorer de nouvelles options, à condition que le processus soit géré dans la plus stricte confidentialité afin d’éviter les frictions sur le lieu de travail.

(at)

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