Reform UK sous pression après une enquête sous couverture sur un financement illégal en provenance des États-Unis


Principaux renseignements

  • Reform UK risque des poursuites pénales pour avoir accepté des financements étrangers potentiellement illégaux.
  • Des enquêteurs infiltrés ont mis au jour la violation présumée de la loi électorale par le parti.
  • La police métropolitaine mène actuellement une enquête sur ces irrégularités financières présumées.

Les autorités britanniques ont été alertées d’éventuelles activités illégales impliquant Reform UK, à la suite d’une opération d’infiltration qui suggère que le parti aurait contourné les règles relatives au financement politique.

Enquête sous couverture

Selon un reportage de Channel 4 News, l’organisation a reçu 32 500 livres sterling (37 800 euros) d’une entité basée aux États-Unis afin de financer trois sondages d’opinion distincts. En réalité, les donateurs présumés étaient des enquêteurs infiltrés de Verbatim, qui se faisaient passer pour un riche investisseur américain et son fils résidant au Royaume-Uni.

Défense

Les partis politiques ayant l’interdiction légale d’accepter un soutien financier de la part d’entreprises étrangères pour des recherches ou des études, de tels actes pourraient être qualifiés de criminels.

Reform UK a rejeté ces allégations, affirmant avoir été piégé par des militants pour le climat. Un représentant du parti a soutenu que son processus de sélection des donateurs était rigoureux et conforme aux normes de la Commission électorale, niant tout comportement illégal.

Appels à une enquête officielle

Plusieurs rivaux politiques ont réagi en réclamant l’ouverture d’enquêtes officielles. Les Libéraux-démocrates ont contacté la police métropolitaine et la Commission électorale, tandis que le Parti vert et le Parti travailliste ont également demandé l’ouverture d’enquêtes.

Dans une lettre officielle, la porte-parole des Libéraux-démocrates, Lisa Smart, a suggéré que le parti aurait pu dissimuler intentionnellement un don non autorisé afin d’échapper à l’obligation de déclaration publique, ce qui constituerait une violation de la loi sur les partis politiques, les élections et les référendums. Elle a notamment désigné James Orr, l’un des principaux conseillers de Nigel Farage, comme une figure clé de cette transaction.

Contrôle financier en cours

Ces accusations surgissent alors que Nigel Farage se prépare à prononcer un discours très médiatisé lors de l’assemblée générale annuelle du parti à Birmingham. Le chef de file fait déjà l’objet d’une enquête menée par un organisme de contrôle parlementaire concernant une contribution non déclarée de 5 millions de livres sterling versée par l’investisseur en cryptomonnaies Chris Harborne. Bien que Farage affirme qu’il s’agissait d’un don personnel destiné à assurer sa sécurité plutôt que d’un don politique, des questions persistent concernant d’autres fonds reçus de George Cottrell et de sa mère.

Répercussions politiques

Ces turbulences juridiques coïncident avec un déclin de la popularité de Reform UK, les récents sondages le plaçant derrière le Parti travailliste et les conservateurs. Bridget Phillipson, du Parti travailliste, a qualifié la situation de scandale touchant les plus hautes sphères de l’organisation, exigeant que Farage prouve que son équipe n’a pas conspiré pour porter atteinte à l’intégrité démocratique.

De même, le chef des Libéraux-démocrates, Sir Ed Davey, a averti que si la loi avait été enfreinte, Farage pourrait s’exposer à de lourdes sanctions, notamment une peine d’emprisonnement ou de lourdes amendes. Le chef du Parti vert, Zack Polanski, et la présidente de la commission des affaires étrangères, Dame Emily Thornberry, ont également souligné la nécessité de protéger les processus démocratiques du Royaume-Uni contre toute influence financière étrangère.

Enquête de la police

La police métropolitaine a confirmé qu’elle examinait les rapports et évaluait les informations disponibles concernant la violation présumée de la loi électorale.

Deux dirigeants se retirent temporairement

Entre-temps, Reform UK annonce que deux hauts responsables du parti ont démissionné après que celui-ci a ouvert une enquête interne sur ces accusations.

Dan Jukes, un proche collaborateur du chef du parti Nigel Farage, et James Orr, se sont tous deux temporairement retirés de leurs fonctions dans l’attente des conclusions de l’enquête, selon le parti.

(at)

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