Principaux renseignements
- Le sommet de l’ONU sur la pollution plastique s’est terminé sans accord, en raison de divergences entre les pays sur la portée du traité.
- La High Ambition Coalition, qui préconise des mesures strictes telles que des plafonds de production pour les nouveaux plastiques, a exprimé sa déception face à l’impossibilité d’obtenir un traité plus ambitieux.
- Les pays arabes, en particulier, ont fait obstruction. En effet, ils tirent une grande partie de leurs revenus de la production de plastique.
Le sommet de l’ONU sur la pollution plastique s’est terminé sans accord. Des délégués du monde entier se sont réunis à Genève pour le sixième cycle de négociations, dans le but de finaliser un traité juridiquement. Malgré les efforts intenses déployés jusque tard dans la nuit, les profondes divisions entre les nations concernant la portée et l’ambition du traité n’ont pas permis de parvenir à un consensus.
Les pays producteurs de pétrole font obstruction
La déception était palpable chez de nombreux délégués qui ont quitté Genève sans avoir atteint leur objectif. Des représentants de pays comme la Norvège, l’Australie et Tuvalu ont exprimé leur profonde frustration face à l’impasse. La High Ambition Coalition, un groupe qui préconise des mesures strictes, notamment des plafonds de production pour les nouveaux plastiques et l’élimination progressive des produits chimiques toxiques, a déploré l’incapacité à obtenir un traité plus ambitieux.
En face, un bloc de pays producteurs de pétrole a tenté de recentrer l’attention sur une gestion efficace des déchets, notamment le traitement et le recyclage. En effet, ils souhaitent continuer à produire massivement du plastique, car cela leur procure d’importantes recettes. Le pétrole et le gaz naturel sont des matières premières essentielles pour le plastique.
Cette divergence de points de vue s’est finalement révélée insurmontable. Bien que le président du comité de négociation ait présenté deux projets de traité, aucun n’a recueilli un soutien suffisant pour servir de base à la poursuite des négociations.
La critique suit l’échec des négociations
L’échec des négociations a suscité de vives critiques de la part de plusieurs délégués. Jessika Roswall, la commissaire européenne à l’Environnement, a souligné l’urgence de lutter contre la pollution plastique et exprimé sa colère face à l’obstruction d’un petit nombre de pays qui privilégient les gains financiers à court terme au détriment du bien-être mondial. Palau, représentant une coalition de petits États insulaires en développement, a déploré l’impact disproportionné de la pollution plastique sur ces nations, malgré leur contribution minime au problème.
Malgré ce revers, certains délégués ont gardé espoir quant aux négociations futures. L’UE considère le dernier projet comme un point de départ viable pour des discussions ultérieures, tandis que l’Afrique du Sud a souligné la nécessité de poursuivre le dialogue.
(ns)

