La Russie fait porter le poids de la guerre à ses citoyens alors que ses recettes pétrolières diminuent


Principaux renseignements

  • La Russie est confrontée à une crise financière croissante alors que ses recettes pétrolières s’effondrent et que ses dépenses militaires explosent.
  • Moscou fait peser le coût de la guerre sur les citoyens par le biais de hausses d’impôts et d’éventuelles saisies de retraites.
  • La fuite des capitaux s’accélère alors que l’État gèle les retraits bancaires pour éviter l’effondrement économique.

Le gouvernement russe est confronté à un resserrement financier de plus en plus marqué à mesure que la précédente flambée des recettes pétrolières s’estompe, forçant le Kremlin à répercuter le coût de la guerre sur ses propres citoyens. Si une hausse temporaire des prix de l’énergie a apporté un certain soulagement au printemps, cet avantage s’est évanoui dès le mois de juillet.

Hausse des coûts et baisse des recettes énergétiques

La situation financière du pays s’est rapidement détériorée, avec un déficit mensuel de 7,6 milliards d’euros contribuant à un déficit cumulé sur sept mois qui dépasse déjà le déficit total enregistré tout au long de l’année précédente.

Le principal moteur de l’effort de guerre — les recettes issues du pétrole et du gaz — a reculé d’environ 16 pour cent par rapport à l’année dernière, tombant à 4 600 milliards de roubles (47 milliards d’euros). Dans le même temps, les dépenses publiques ont bondi, les marchés publics ayant augmenté de près de 40 pour cent. Pour combler ce déficit, Moscou a relevé la taxe sur la valeur ajoutée à 22 pour cent, une mesure qui affecte directement le pouvoir d’achat de la population plutôt que de s’appuyer sur la croissance économique ou les cours des matières premières.

Stagnation économique

Une grande partie des bénéfices potentiels liés à la hausse des cours du pétrole n’a pas alimenté les caisses de l’État, mais a été détournée pour soutenir les compagnies pétrolières confrontées à des attaques de drones contre leurs raffineries. Face à la stagnation de la croissance économique au premier semestre, les experts mettent en garde contre une récession potentielle qui pourrait encore réduire les recettes fiscales.

Certains analystes prévoient que le déficit annuel pourrait presque doubler par rapport à l’année dernière, alors même que l’armée exige une augmentation budgétaire d’environ 40 pour cent par rapport aux estimations initiales.

Le fardeau retombe sur les citoyens

Les options d’emprunt traditionnelles font également défaut ; le gouvernement a suspendu les adjudications d’obligations en juillet, car les investisseurs n’étaient pas disposés à fournir des capitaux à faible coût. En conséquence, la charge financière pèse lourdement sur les ménages. Si la hausse de la TVA génère environ 11 milliards d’euros par an — une infime fraction du coût total des dépenses militaires —, elle touche pourtant la quasi-totalité des citoyens.

De plus, un projet de loi suggère que l’État pourrait saisir environ 34,5 milliards d’euros provenant des fonds de retraite privés, et des voix s’élèvent pour réclamer l’accès aux économies bancaires personnelles.

Fuite des capitaux

Bien que la Russie ne soit pas encore en faillite, elle épuise les moyens politiquement viables de financer son conflit. En réaction, les citoyens ont commencé à retirer des liquidités des banques à un rythme jamais vu depuis le début de la pandémie. Pour contrer cette fuite des capitaux, la Banque centrale a autorisé les banques à identifier et à geler les retraits jugés suspects. (fc)

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