Principaux renseignements
- L’Ukraine a pris pour cible les onze plus grandes raffineries de pétrole russes afin de paralyser l’économie de guerre de ce pays.
- Les frappes de drones à longue portée ont mis hors service plus d’un million de barils de capacité de raffinage quotidienne.
- Kiev qualifie ces attaques stratégiques de « sanctions à longue portée » contre les infrastructures militaires.
Les forces ukrainiennes ont réussi à frapper chacune des onze plus grandes raffineries de pétrole russes, marquant ainsi une escalade significative de leur campagne aérienne. Au cours des cinq premiers mois de 2026, des drones ont frappé 16 raffineries différentes, soit le double des huit installations touchées au cours de la même période l’année précédente. Cette stratégie agressive a déjà mis hors service plus d’un million de barils de capacité de raffinage quotidienne pendant les périodes de pointe au printemps.
Tatarstan
L’opération la plus récente a eu lieu le 10 août et visait la raffinerie TANECO, située dans la région du Tatarstan. Située à environ 1 200 kilomètres de la frontière ukrainienne, cette installation appartenant à Tatneft compte parmi les plus sophistiquées du pays, avec une capacité de traitement d’environ 340 000 barils par jour.
L’attaque a provoqué d’importants incendies et fait de nombreuses victimes ; selon les rapports, on dénombre 13 morts — dont un enfant et plusieurs citoyens ouzbeks — et 78 blessés. Les autorités régionales ont décrété une journée de deuil et ouvert une enquête pour terrorisme après qu’un drone a frappé une auberge de jeunesse située à proximité.
Frappes en profondeur à Tioumen
Dans le même temps, les forces d’opérations spéciales ukrainiennes ont lancé une frappe à plus de 2 000 kilomètres de là, contre le complexe pétrochimique ZapSibNeftekhim, dans la région de Tioumen. Kiev a indiqué que cette opération avait causé de graves dégâts et provoqué des incendies sur l’un des principaux sites pétrochimiques russes.
Récits contradictoires
Le Kremlin a réagi en qualifiant ces frappes à longue portée d’« attaques terroristes », l’ambassadeur itinérant Rodion Miroshnik affirmant que le nombre élevé de victimes civiles témoigne d’une escalade délibérée.
À l’inverse, l’Ukraine soutient que ses cibles sont exclusivement des installations qui soutiennent l’armée russe et l’économie de guerre. Le président Volodymyr Zelensky a décrit ces actions comme des « sanctions à longue portée » destinées à paralyser la machine de guerre russe.
Usure économique
Cette campagne a donné lieu à des frappes systématiques dans diverses régions, notamment à Samara, Volgograd, Riazan, Saratov, au Bachkortostan et à Iaroslavl. Un succès notable a été enregistré en juin lorsqu’une frappe contre la raffinerie de Moscou — principale source de carburant de la capitale — a mis hors service une unité critique représentant plus de la moitié de la capacité de l’usine.
En endommageant de manière répétée les infrastructures énergétiques, l’Ukraine vise à réduire le potentiel militaire de la Russie et à alourdir le fardeau économique lié à la poursuite de l’invasion. (fc)
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