Principaux renseignements
- Les attaques de drones menées par l’Ukraine coûtent chaque jour jusqu’à 100 millions de dollars (86 millions d’euros) au secteur énergétique russe.
- De graves pénuries de carburant imposent un rationnement et des tactiques de camouflage désespérées dans tout le pays.
- Les frappes stratégiques contre les raffineries mettent en péril les taxes sur l’énergie qui financent un tiers du budget de l’État.
Les campagnes aériennes ukrainiennes visant les infrastructures énergétiques russes coûteraient chaque jour jusqu’à 100 millions de dollars aux caisses de Moscou. Cette stratégie ciblant les infrastructures pétrolières et gazières a entraîné la destruction de 24 des 33 principales raffineries, faisant chuter la production de raffinage à son plus bas niveau depuis 2009. Cette pression soutenue fait peser un fardeau immense sur une économie russe déjà mise à rude épreuve par le conflit en cours.
Pénuries de carburant
Les conséquences sont de plus en plus visibles pour le grand public. La pénurie de carburant s’est étendue à l’ensemble du pays, atteignant même Moscou. Afin de gérer la diminution des stocks, le producteur de pétrole Tatneft a limité les ventes de carburant, plafonnant les achats d’essence à 20 litres et ceux de diesel à 40 litres par véhicule.
En Crimée occupée et dans la région de la mer Noire, la situation est encore plus critique, avec plus de 500 stations-service à court de carburant et certains habitants contraints de recourir à des bons prépayés pour obtenir une quantité hebdomadaire limitée de carburant.
Camouflage
Pour contourner les drones ukrainiens, les forces russes ont recouru à des tactiques de camouflage désespérées. Selon Dmytro Pletenchuk, de la marine ukrainienne, Moscou déguise des camions-citernes en véhicules civils et en camions de lait afin de transporter du pétrole à travers des zones dangereuses.
Ces perturbations ont également contraint à une réorganisation de la logistique. Après les attaques contre Novorossiisk et d’autres plaques tournantes de la mer Noire, la Russie a été contrainte de réacheminer ses exportations de pétrole vers des ports du nord, situés dans la mer de Barents et la mer Baltique.
Rapports contradictoires et coups durs économiques
Malgré les affirmations officielles du ministère russe de l’Énergie selon lesquelles le marché reste stable, les données suggèrent une crise plus profonde. Alors que certains analystes cités par le magazine russe Forbes affirment que les dégâts sont minimes, des rapports indépendants indiquent un ralentissement significatif. Par exemple, la production des raffineries ce printemps a chuté de 15 pour cent par rapport à l’année précédente. Le préjudice financier cumulé est stupéfiant, certaines estimations suggérant que les pertes économiques totales, y compris les perturbations secondaires, ont dépassé 1 000 milliards de roubles.
Pression budgétaire stratégique
L’ampleur de ces opérations s’est rapidement accélérée, le nombre de frappes début 2026 dépassant déjà le total enregistré pour l’ensemble de l’année 2024. Cette stratégie vise à mettre à mal le budget de l’État russe, dont près d’un tiers du financement provient des taxes sur l’énergie. Bien que le président Vladimir Poutine ait admis que ces frappes causaient des dommages, il affirme que la Russie se remettra tout en promettant des frappes de représailles contre les infrastructures ukrainiennes.
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