Le Royaume-Uni replonge et reconfine la quasi-totalité du territoire

Les hôpitaux britanniques sont surchargés. Crédit: Isopix.

La pandémie continue de sévir au Royaume-Uni, malgré la mise en place progressive d’une vaccination. Mercredi, le pays a enregistré près de 1.000 décès en 24 heures, soit le bilan le plus lourd constaté depuis le mois d’avril lors de la première vague. La période des fêtes ainsi que la nouvelle variante du virus risquent encore d’aggraver la situation. Face à cette résurgence de cas, le Royaume-Uni a décidé de se reconfiner massivement. 

C’est une fin d’année quelque peu agitée pour le Royaume-Uni, qui est devenu mercredi le premier pays à avoir approuvé le vaccin d’AstraZeneca contre le coronavirus. Les autorités britanniques avaient déjà validé le déploiement du vaccin de Pfizer/BioNTech, qui a été injecté à plus de 600.000 personnes depuis le 8 décembre.

Alors que le Royaume-Uni vient de conclure un accord historique avec l’UE , le vote de l’accord du Brexit a été éclipsé par une flambée de cas.

Le cri d’alarme des hôpitaux

Mercredi, le Royaume-Uni a enregistré 981 décès liés au Coronavirus et faisait état de pas moins de 50.023 nouveaux cas en 24 heures. Plus de 2400 personnes ont aussi été admises à l’hôpital. Les établissements sont pleins à craquer et les services d’ambulance croulent sous la pression. Les responsables de la Santé publique se sont d’ailleurs dits inquiets face à cette résurgence de cas, car les ambulances s’entassent en dehors des hôpitaux en raison du manque de lits disponibles. 

Le National Health Service (NHS) a révélé que lundi matin, il y avait pas moins de 20.426 patients hospitalisés pour cause de Covid, soit plus que lors du pic enregistré lors de la première vague en avril.

‘Nous continuons à observer des niveaux d’infection sans précédent dans tout le Royaume-Uni, ce qui est extrêmement préoccupant, d’autant plus que nos hôpitaux sont les plus vulnérables’, a déclaré Susan Hopkin, du Public Health England dans une interview accordée à Business insider. 

À Londres, la situation est désastreuse. La presse britannique rapporte que de nombreux habitants de la ville ont reçu un SMS les invitant à ne pas appeler d’ambulance, sauf en cas d’urgence. La capacité de soins intensifs à Londres était de 114% dans la nuit de lundi à lundi. Cette surcapacité a entraîné des demandes de transfert de certains patients sur des centaines de kilomètres, de Londres au Yorkshire, selon le Health Service Journal.

La nouvelle souche

Le 20 décembre, le Royaume-Uni rapportait l’apparition d’une nouvelle souche du Covid-19 sur son territoire, une mutation qui serait entre 50 et 70% plus contagieuse que les autres variantes observées jusqu’ici. 

Plusieurs pays, dont la Belgique, avaient temporairement bloqué leur accès aux ressortissants britanniques, avec une mise en quarantaine obligatoire pour toute personne en provenance du Royaume-Uni. 

La mutation a depuis été détectée sur d’autres territoires comme le Portugal, la France, ou encore la Jordanie et la Corée du Sud. L’Allemagne a d’ailleurs prolongé jusqu’au 6 janvier la suspension des liaisons terrestres, maritimes et aériennes avec la Grande-Bretagne.

Les experts affirment néanmoins que cette nouvelle variante ne neutralisera pas l’efficacité des vaccins déjà approuvés pour une vaccination de masse. ‘Nous allons rencontrer beaucoup d’autres variantes comme celle-ci.’

‘Les virus mutent continuellement. C’est normal. Ce n’est que lorsqu’une variante est clairement plus transmissible ou plus pathogène – ce à quoi nous ne nous attendons pas – que cela devient préoccupant. Mais nous n’avons pas récolté de preuves scientifiques à ce sujet pour l’instant’, avait déclaré le virologue Marc van Ranst.

Des mesures renforcées

Face à cette flambée de cas, les autorités britanniques ont décidé de durcir le ton. La presque totalité de la population (80%) sera à nouveau en confinement à compter de ce jeudi.

De nombreuses régions du pays, tant dans le nord, que dans le sud ou dans le centre, ont a nouveau été placées en niveau d’alerte 4, impliquant la fermeture des restaurants, des bars, des cinémas, des salles de spectacles et des hôtels.

La majorité des évènements culturels et des compétitions a été annulée. Le Premier League, le championnat des clubs de football de l’élite anglaise, risque de voir sa saison encore une fois chamboulée en raison de la crise, puisque pas moins de 18 de ses joueurs ont été détectés positifs au Covid-19. 

Enfin, les rentrées scolaires ont aussi été reportées d’une semaine pour les collégiens et les lycéens, et de deux semaines pour les autres, a indiqué le ministre de l’Éducation, Gavin Williamson. Les écoles primaires devraient rouvrir leurs portes le 4 janvier.