Brexit: L’UE et le Royaume- Uni sont parvenus à un accord ‘juste’ qui reposera sur ‘4 piliers’

‘C’était un accord pour lequel il fallait se battre’ a déclaré Ursula Von der Leyen. Pas moins de 1645 jours se sont écoulés depuis l’annonce d’un référendum entre le Royaume-Uni et l’Europe. Aujourd’hui, les deux parties viennent d’écrire une nouvelle page de l’histoire. Après s’être entretenus avec le Premier ministre Boris Johnson, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen et le négociateur Michel Barnier ont donné une conférence de presse pour annoncer que l’Europe et le Royaume-Uni étaient parvenus à un accord, qui reposera sur 4 piliers. Jusqu’ici, plusieurs points de frictions bloquaient les négociations : la pêche, la création de conditions de concurrence équitables et la ‘gouvernance de l’accord’.

Prolongation de la période de transition, ‘No-Deal’… Alors que plusieurs scénarios avaient été envisagés, Ursula Von der Leyen et Michel Barnier ont annoncé cette après-midi être parvenus à un accord avec le Premier ministre britannique, Boris Johnson. 

L’accord se conclut tout juste dans les temps, la période de transition devant s’achever officiellement le 31 décembre.

Hier soir déjà, une source gouvernementale française évoquait d’énormes concessions de la part des Britanniques. Jusqu’ici, des points majeurs bloquaient l’aboutissement de l’accord du Brexit : la pêche, essentielle pour plusieurs États membres comme la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Danemark , mais aussi des conditions de concurrence équitables et enfin, la ‘gouvernance de l’accord’, soit les sanctions prévues si l’une des deux parties ne respectait pas l’accord.

‘Un partenaire de confiance’

‘Les négociations ont été très difficiles, mais c’était un accord pour lequel il fallait se battre’, a déclaré Ursula Von der Leyen. La présidente de la Commission européenne a également déclaré que le Royaume-Uni resterait un ‘partenaire de confiance’.

Selon Ursula Von der Leyen, ‘la concurrence entre les pays de l’UE et le Royaume-Uni restera équitable. En outre, les règles et normes de l’UE continueront d’être respectées. Nous avons les outils pour réagir si ce n’est pas le cas et si nous venions à en être affectés’, a déclaré la présidente de la Commission européenne.

En outre, ‘le Royaume-Uni et l’UE continueront de travailler ensemble lorsque nous avons des intérêts communs, tels que le changement climatique, l’énergie ou les transports’, a-t-elle déclaré.

Le négociateur Michel Barnier, lui, s’est montré plus nuancé dans ses propos. ‘Aujourd’hui, est un jour de soulagement, mais teinté de tristesse (…) Le Royaume-Uni a renoncé à des avantages que notre accord ne réplique pas. Il y aura, malgré cet accord, beaucoup de changements pour les entreprises, c’est la conséquence du Brexit’, a déclaré Michel Barnier.

4 piliers

Voici les grandes lignes de cet accord annoncé par Michel Barnier, qui reposera sur 4 piliers. Il s’agit d’un accord de libre-échange, sans tarifs ni quotas, ‘au coeur duquel il y a de nouvelles règles du jeu économique qui seront pour l’UE la marque d’une nouvelle génération pour tous les accords de libre-échange’.

  • Un partenariat économique et social dont le champ est ‘sans précédent’, qui couvre les transports aériens, les transports routiers, l’énergie, la lutte contre le changement climatique, la pêche . ‘Avec une base d’accès réciproque aux eaux et aux ressources avec une nouvelle répartition des quotas et des opportunités de pêche compte tenu du nouveau statut du Royaume-Uni’. Le négociateur a assuré que l’UE serait ‘présente pour accompagner les Européens’ dans cette période ‘qui ne sera pas facile et qui demandera des efforts’.
  • Un partenariat de coopération en matière d’innovation et de recherche, de sûreté nucléaire qui contient une clause de non discrimination entre les citoyens européens ‘qui s’applique aux visas, aux services et à la coordination de la sécurité sociale’. Michel Barnier a toutefois précisé que le gouvernement britannique avait choisi de ne pas participer au programme d’échange Erasmus et que les deux parties n’étaient pas parvenues à s’accorder sur la Mobilité des citoyens.
  • La sécurité des citoyens qui ‘ne se marchande pas’. Ce point s’articulera autour de 8 domaines essentiels qui s’appuieront sur le respect de la protection des droits fondamentaux et des données personnelles. Michel Barnier a regretté que le gouvernement britannique ne souhaite pas négocier sur la Politique étrangère, la Défense et le Développement.
  • La gouvernance de l’accord fondé sur le dialogue, la consultation politique, une mise en oeuvre crédible et des sanctions.

Les 27 États membres devront approuver une procédure d’application provisoire de l’accord pour qu’il entre en vigueur dès le 1er janvier 2021, car le Parlement européen n’aura pas le temps de le ratifier d’ici là.

Revoir la conférence :