Le ralentissement économique révèle les tromperies des entreprises chinoises

une centrale nucléaire en Chine
EPA/ADRIAN BRADSHAW

Certaines entreprises chinoises recourent à un procédé astucieux pour se donner du crédit et obtenir ainsi plus facilement des prêts et du capital : elles se font passer pour des entreprises étatiques (“central state-owned enterprise”, ou SOE). Le ralentissement économique chinois, et les défauts de paiement qui l’accompagnent, met de plus en plus souvent en évidence ces impostures.

Ainsi, sur son site internet, China Nuclear Engineering Construction Group, une firme spécialisée dans… l’immobilier (comme beaucoup de fausses SOE), affirme qu’elle a été autrefois contrôlée par l’armée chinoise, mais que désormais, elle est la filiale d’une SOE.

Des défauts en pagaïe

Ce faisant, cette firme profite de la similarité de son nom avec celui de la China Nuclear Engineering and Construction Corporation, une autre société qui, elle, est une véritable SOE.

Ce statut enviable, puisqu’il suggère que l’entreprise bénéficierait du soutien de l’Etat chinois en cas de défaillance, aura sans doute contribué à convaincre la société Huarong de lui racheter pour 79 millions d’euros de biens immobiliers. 

China Huayang Economic and Trade Group, une autre fausse SOE, vient de faire défaut sur un prêt obligataire de 7 milliards de yuan (près de 904 millions d’euros). Sa consoeur China City Construction, a été presque rachetée en intégralité par un investisseur privé en 1999, mais se revendique encore SOE. Elle aussi a fait défaut à plusieurs reprises. China Energy Reserve and Chemicals Group Overseas Capital Company a profité de son statut supposé pour obtenir une excellente cotation, mais avant d’échouer elle aussi à rembourser ses prêts. 

Les fausses SOE sont les symptômes de deux faiblesses

En fait, cette pratique est devenue si banale dans le monde des affaires chinois, que Gelonghui, une société d’information financière, a publié un guide humoristique sur la méthode que les entreprises chinoises doivent suivre pour devenir une fausse SOE.

Selon The Economist, ces fausses SOE sont révélatrices de deux faiblesses de l’économie chinoise : les difficultés des entreprises chinoises privées pour obtenir des prêts, et les lacunes en matière de contrôle financier. En effet, dupés par la croyance que l’Etat soutiendrait ces entreprises en cas de problème, les investisseurs s’abstiennent  de procéder à l’examen de leur situation financière.