« Le prix d’une séance devient trop élevé »: le président de Disney donne son avis sur la survie (ou non) des salles de cinéma

Face à l’inexorable montée en puissance des services de streaming, certains estiment que la mort du cinéma en salle approche à grands pas. Pour Bob Iger, ex-patron et actuel président exécutif de Walt Disney, les salles obscures ne sont pas vouées à disparaître, mais à changer leur fonctionnement.

Netflix, Amazon Prime, OCS, Apple TV+, … Les plateformes de streaming grandissent continuellement et de nouveaux acteurs ne cessent d’arriver sur le marché. Les salles de cinéma ont de plus en plus de mal avec cette concurrence, et ce n’est pas la pandémie et les fermetures qui l’ont accompagnée qui les ont aidées.

Le mastodonte du cinéma, Walt Disney, n’y a pas échappé, lançant Disney+ il y a maintenant un peu plus de deux ans. A l’époque, c’était Bob Iger qui était aux manettes. Il a remis sa casquette de CEO à Bob Chapek en 2020, endossant celles de président exécutif et de président du conseil d’administration. Deux rôles qu’il abandonnera également le 31 décembre prochain.

Pour son départ, Bob Iger a accordé une interview-fleuve à CNBC. L’occasion, entre autres, d’aborder l’avenir des salles de cinéma.

« Avec le streaming, vous avez beaucoup de qualité et beaucoup de quantité »

Selon lui, ceux qui prédisent la disparition des cinémas tels que nous les connaissons aujourd’hui se trompent. « Les gens aiment sortir. Cela ne va pas disparaître. Ils aiment vivre des expériences sous forme physique », a-t-il souligné.

En revanche, la situation actuelle ne peut pas perdurer. Le volume et la valeur des services de streaming à domicile vont continuer à exercer une pression sur les chiffres du box-office. Avec la concurrence, les plateformes vont poursuivre leurs achats de films à tour de bras. « Il y a tout simplement plus de choses à regarder à la maison », a reconnu Bob Iger.

De plus, les salles de cinéma ne peuvent pas lutter au niveau des prix. Avec le streaming, « vous obtenez beaucoup de qualité, beaucoup de volume pour un prix relativement peu élevé », a-t-il déclaré. « Cela devient de plus en plus un problème pour les gens, en particulier en période d’inflation, ce que nous avons connu. Lorsque vous comparez ce qu’il en coûte d’aller au cinéma avec ce qu’il en coûte de rester à la maison et de regarder un service de streaming, je pense que ça commence à devenir… un peu trop… ça commence à devenir trop élevé. »

« Personnellement, je n’abandonnerais pas les sorties en salle »

Malgré cette concurrence impitoyable, Bob Iger n’abandonnerait pas les sorties en salle s’il était toujours à la tête d’une entreprise cinématographique. « Migrer trop loin de l’expérience du grand écran ne serait pas quelque chose que je conseillerais nécessairement. Mais vous savez, ce ne sera pas ma décision », a-t-il indiqué.

Selon lui, l’expérience en salle gardera toujours une aura que les plateformes de streaming ne pourront pas proposer. « Les gens vont voir un film, faire l’expérience de personnages plus grands que nature sur ce grand écran, avec d’autres personnes », a-t-il expliqué. « Je pense qu’il y a quelque chose de très, très puissant à ce sujet qui a probablement un impact, qui a un impact, pas probablement, sur la façon dont cela résonne. »

Le plat devrait donc toujours fonctionner: il faudrait simplement revoir la recette. Pour ce faire, l’ancien boss de Disney invite à repenser les sorties en salle: elles devront être moins nombreuses. Et les fenêtres de diffusion plus courtes. Pour lui, un tel ajustement devrait permettre de préserver la valeur des salles obscures.

Après tout, comme l’écrivait Pétrone il y a deux millénaires, « la rareté fait le prix des choses ».

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