Principaux renseignements
- La balance des paiements de l’Inde reste solide malgré la récente volatilité de la roupie.
- La baisse des volumes d’importation de pétrole et d’or réduit le déficit du compte courant.
- Les initiatives stratégiques de la RBI devraient attirer environ 55 milliards d’euros de nouveaux flux de capitaux.
Selon un rapport récent de Goldman Sachs, la balance des paiements de l’Inde est plus solide que ne le laisse supposer la récente chute de la roupie. C’est ce qu’indique l’agence de presse indienne Asian News International (ANI). La banque a enregistré un excédent d’environ 6,6 milliards d’euros au premier trimestre de l’année civile 26. Ce résultat s’explique par une forte croissance des exportations de services et des transferts de fonds, ainsi que par une baisse des importations de pétrole, qui ont compensé la diminution des entrées de capitaux.
Le courtier estime que la récente volatilité de la roupie indienne (INR) s’explique probablement par des achats préventifs de dollars en réaction aux tensions géopolitiques en Asie occidentale, et non par une faiblesse des fondamentaux économiques de l’Inde. Goldman Sachs estime que la pression à la baisse sur la devise s’atténuera à mesure que les perspectives de la balance des paiements s’amélioreront.
Résilience face aux flambées des prix du pétrole
En matière d’énergie, le rapport souligne que l’Inde est moins vulnérable aux flambées des prix du pétrole qu’elle ne l’était au cours des décennies précédentes. Grâce à une amélioration de l’efficacité énergétique, à la transition vers les véhicules électriques et à une croissance moins intensive en énergie, la dépendance de l’Inde au pétrole a diminué depuis les années 1990.
Par ailleurs, depuis la pandémie, les volumes d’importation sont plus sensibles aux prix : ils baissent généralement lorsque le prix du pétrole dépasse 80 dollars le baril, ce qui signifie que des prix plus élevés ne se traduisent pas toujours par une hausse des coûts totaux d’importation.
Importations d’or
Le courtier prévoit également une baisse des importations d’or en raison de la hausse des droits de douane. Historiquement, de telles mesures n’ont un impact sur les volumes qu’avec un décalage d’un à deux mois. Sur la base de ces prévisions revues à la baisse pour le pétrole et l’or, Goldman Sachs a révisé à la baisse ses prévisions de déficit de la balance courante à 1,3 pour cent du PIB pour l’année civile 26 et à 1,7 pour cent pour l’exercice 27.
Initiatives de la RBI
Afin de soutenir la roupie et de relancer les entrées de capitaux, la société de courtage met en avant les initiatives stratégiques de la Banque centrale indienne (RBI). Celles-ci comprennent des exonérations fiscales sur les titres d’État pour les investisseurs étrangers en portefeuille, ainsi que des taux préférentiels sur les swaps de devises pour les entités quasi-souveraines et les banques.
Grâce à des entrées supplémentaires estimées à 55 milliards d’euros résultant de ces mesures, l’Inde devrait maintenir un excédent de la balance des paiements d’environ 0,6 pour cent du PIB tant pour l’année civile 2026 que pour l’exercice 2027.
Perspectives
Si la pression à la baisse sur la roupie devrait s’atténuer, Goldman Sachs ne prévoit pas d’appréciation majeure. Enfin, l’entreprise estime que tout nouvel afflux de dollars sera probablement absorbé par la RBI. Celle-ci utiliserait ces flux pour constituer des réserves et gérer ses positions à terme, ce qui contribuerait à maintenir une relative stabilité de la monnaie.
(rd)
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