Le premier appel de Joe Biden au Premier ministre japonais rend la Chine très nerveuse

Le président-élu américain Joe Biden et le Premier ministre japonais Yoshihide Suga, – Isopix

Lors d’une première conversation téléphonique avec le Premier ministre japonais Yoshihide Suga, le président-élu américain Joe Biden a confirmé que l’article 5 du traité de coopération mutuelle et de sécurité américano-japonais s’appliquait également aux îles Senkaku.

Que sont les îles Senkaku?

Les îles Senkaku, parfois aussi appelées Diaoyu, sont un groupe d’îles inhabitées situées en mer de Chine orientale. Elles sont sous domination japonaise, mais la République populaire de Chine et Taïwan les revendiquent depuis des années. Pour Tokyo, la souveraineté de l’archipel ne pose aucun problème parce qu’historiquement et selon le droit international, il appartient au Japon.

La Chine conteste la revendication japonaise sur l’archipel depuis 1971. Selon un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, le traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon est ‘une relique de la guerre froide’. Pour Pékin, cette alliance est aujourd’hui dépassée. Le traité américano-japonais remonte à 1960 et stipule que les États-Unis apporteront leur aide au Japon face à toute attaque militaire d’une tierce nation.

Selon les observateurs internationaux, le fait que Joe Biden ait confirmé, lors de sa toute première conversation téléphonique avec un chef d’État asiatique, que les États-Unis ne feront aucune concession en matière de souveraineté indique que le président-élu adoptera également une ligne dure à l’égard de Pékin.

Pékin n’a toujours pas félicité Biden

Il est à souligner que la Chine n’a toujours pas félicité Joe Biden pour sa victoire électorale. De même, le terme ‘président-élu’ n’est pas utilisé dans les médias d’État chinois. Il y a seulement un ‘résultat contesté’, entend-on dire. Pékin ne veut surtout pas froisser Donald Trump, la Chine redoutant une surprise géopolitique de dernière minute.

Cela a tout à voir avec le récent limogeage à Washington du secrétaire à la Défense Mark Esper. Ce dernier a été remplacé par Christopher Miller, un homme qui, selon les analystes chinois, a fait carrière dans les forces spéciales américaines et est ‘spécialisé dans les attaques surprises et les opérations audacieuses’. Un CV qui n’augure rien de bon pour la Chine.

Trump concrétisera sa ligne dure contre Pékin

Le média américain Axios, généralement bien informé, rapportait également dimanche que Donald Trump compte poursuivre sa ligne dure contre Pékin au cours des dix dernières semaines de sa présidence. Il veut rendre ‘politiquement impossible’ pour Joe Biden d’assouplir la position adoptée par les États-Unis depuis plusieurs années maintenant. Trump imposera des sanctions supplémentaires aux entreprises et aux fonctionnaires chinois avant le 20 janvier. Et d’autres barrières commerciales seront également mises en place.

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