Principaux renseignements
- Israël a récemment mis en service un nouveau sous-marin.
- L’INS Drakon est doté d’une tourelle surdimensionnée, probablement conçue pour accueillir des lance-missiles verticaux.
- La société allemande TKMS fournit la technologie essentielle qui alimente les capacités sous-marines avancées d’Israël.
La Marine israélienne a pris livraison de l’INS Drakon en juillet 2026, un navire qui marque en apparence la fin de la série Dolphin à propulsion AIP. Alors que son constructeur allemand, ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), le classe comme le dernier sous-marin de sa classe, des preuves visuelles suggèrent une réalité plus complexe.
Ce sous-marin est doté d’une tourelle d’une taille sans précédent par rapport à ses prédécesseurs, ce qui a conduit des experts tels que H.I. Sutton à émettre l’hypothèse que cet espace supplémentaire est destiné à accueillir des missiles à lancement vertical, trop longs pour être stockés à l’intérieur de la coque sous pression principale.
Classe Dolphin
L’évolution de la flotte sous-marine israélienne a débuté avec les premiers sous-marins de la classe Dolphin en 1999. Basés sur le Type 209 allemand mais largement adaptés aux besoins d’Israël, ces navires se distinguaient par leur équipage nombreux et leur armement complet, comprenant notamment dix tubes lance-torpilles.
La classe Dolphin II qui a suivi, comprenant notamment l’INS Tanin et l’INS Rahav, a introduit la propulsion indépendante de l’air (AIP). Grâce à la technologie des piles à combustible issue du Type 212A allemand, ces sous-marins pouvaient rester immergés pendant de longues périodes, bien que le système AIP ait nécessité un allongement de la coque de 11 mètres.
Différences structurelles de l’INS Drakon
L’INS Drakon s’écarte considérablement de cette lignée. Bien que les descriptions officielles le classent dans la classe Dolphin, des images révèlent des modifications structurelles, notamment une section médiane élargie sous la tourelle.
La modification la plus frappante est la tourelle massive, une caractéristique qui s’apparente davantage à la future classe Dakar qu’aux modèles Dolphin précédents. Cela suggère que le Drakon pourrait servir de passerelle entre deux générations différentes de technologie navale.
Voile surdimensionnée
La fonction de cette voile surdimensionnée fait toujours l’objet d’un débat intense. Les dimensions de la voile pouvant accueillir des armes plus longues que le diamètre de la coque, les analystes de TWZ et de H.I. Sutton estiment qu’un système de lancement vertical (VLS) est l’ajout le plus probable.
Bien que des rumeurs persistent selon lesquelles il pourrait s’agir de missiles à capacité nucléaire, ces affirmations restent non confirmées. Cet espace pourrait également être utilisé pour du matériel destiné aux opérations spéciales, des drones ou des véhicules sous-marins autonomes. Israël reste évasif, se contentant d’indiquer que le navire dispose de « systèmes uniques » destinés à renforcer ses capacités opérationnelles.
Partenariat germano-israélien
Ce partenariat naval s’inscrit dans une histoire politique complexe. À la suite de la guerre du Golfe de 1991, l’Allemagne a apporté un soutien financier à la flotte sous-marine israélienne en guise de geste de réconciliation, après que la technologie allemande eut auparavant aidé l’Irak. Cela a débouché sur une alliance stratégique profonde avec TKMS.
En fin de compte, l’INS Drakon a peut-être servi de prototype pour le programme Dakar, permettant de tester des systèmes avancés avant la mise en service de la prochaine génération de sous-marins. À l’issue de ses essais en mer, le navire a officiellement rejoint la flotte israélienne à la mi-2026. (fc)
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