La Russie dévoile davantage de détails sur son nouveau chasseur biplace Su-57D


Principaux renseignements

  • L’avion de chasse biplace russe Su-57D fait office de centre de commandement mobile pour des essaims de drones autonomes.
  • Les ingénieurs ont modifié la cellule d’un prototype qui s’était écrasé pour créer cette variante biplace.
  • La Russie vise les marchés étrangers, en particulier l’Inde, avec ce modèle polyvalent destiné à l’entraînement et au combat.

Rostec, l’entreprise publique russe de défense, a récemment fourni des détails concernant le Su-57D, une version biplace de son chasseur furtif. Le « D » dans le nom fait probablement référence à « Demonstrator » (démonstrateur).

Centre de commande pour les systèmes autonomes

Cet appareil est conçu pour remplir deux fonctions principales : offrir aux pilotes une expérience pratique dans des scénarios de vol que les simulateurs au sol ne peuvent pas reproduire, et servir de centre de commandement mobile pour le pilotage de drones autonomes.

Selon Mikhaïl Strelets, directeur du bureau d’études Sukhoi, l’ajout d’un deuxième poste de pilotage constitue une pierre angulaire de l’aviation de sixième génération. Cette configuration permet à l’appareil de servir de quartier général aérien pour la gestion de systèmes autonomes sophistiqués, tels que le drone Okhotnik ou des essaims de drones. En déléguant ces tâches à un deuxième membre d’équipage, le pilote principal peut rester concentré sur l’objectif de combat principal. De plus, Rostec a indiqué que l’appareil serait utilisé pour tester les nouvelles technologies d’IA de combat développées par la United Aircraft Corporation.

Réutilisation d’une cellule existante

Le prototype actuel n’était pas une nouvelle construction. L’expert en aviation Andreas Rupprecht a indiqué que l’avion, identifié par le numéro de bord 055 Blue, est en réalité le cinquième avion d’essai du Su-57 (T-50-5). Cette cellule spécifique avait déjà fait l’objet d’une reconstruction majeure après un grave incendie de moteur survenu lors d’un incident survenu en 2014 sur la piste de Joukovski.

Plutôt que de créer un nouvel avion, les ingénieurs ont modifié cette cellule existante pour y intégrer un deuxième siège.

Ambitions en matière d’exportation

Alors que la Russie met l’accent sur la formation et la coordination avec les drones, certains experts occidentaux en matière de défense estiment qu’il existe une motivation stratégique liée à l’exportation. Des articles suggèrent que le modèle biplace est destiné à attirer des clients étrangers. L’Inde est considérée comme un candidat probable en raison de son expérience avec le Su-30MKI biplace.

Bien que l’Inde se soit retirée d’un projet conjoint de chasseur de cinquième génération avec la Russie en 2018 en raison de préoccupations concernant les capacités de furtivité et les coûts, la Russie continue de lui proposer le Su-57. Les propositions récentes présentées lors du salon Wings India comprenaient des transferts de technologie et la capacité à embarquer des missiles indiens tels que l’Astra et le BrahMos, bien que New Delhi n’ait pas encore répondu.

Beaucoup d’incertitude

Le motif décoratif sur la queue de l’appareil, qui représente à la fois le chasseur et le drone S-70 Okhotnik, souligne l’objectif d’intégrer des équipes aériennes avec et sans pilote. Cependant, Rostec est resté discret sur plusieurs détails clés, notamment le nom officiel définitif de l’avion — appelé tantôt Su-57D, tantôt Su-57UB — ainsi que le calendrier de production et le calendrier d’intégration de l’IA. (fc)

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