Principaux renseignements
- L’Allemagne a livré l’INS Drakon, dernier sous-marin de la classe Dolphin II, à la marine israélienne.
- Les extensions importantes de la coque suggèrent que le navire pourrait embarquer des missiles balistiques ou de croisière.
- La Russie a déployé des navires de renseignement pour suivre les mouvements du sous-marin, par mesure de précaution.
L’Allemagne a discrètement livré l’INS Drakon, dernier navire de la classe Dolphin II, à la marine israélienne. Selon des informations du Defense Express, une cérémonie de remise discrète aurait eu lieu dans les installations de TKMS à Kiel, bien que le caractère secret de la procédure n’ait pas été officiellement confirmé. Après le transfert, le sous-marin a entamé ses premiers essais en mer sous pavillon israélien, une phase qu’il devrait achever avant de regagner son port d’attache.
Un calendrier de production prolongé
Le développement de l’INS Drakon se caractérise par un cycle de production exceptionnellement long. Commandé en 2011 et dont la construction a débuté un an plus tard, le navire n’a été mis à l’eau qu’en 2024.
Ce délai de quatorze ans est inhabituellement long pour un sous-marin diesel-électrique. Les analystes du secteur suggèrent que ce sous-marin aurait pu servir de prototype afin de perfectionner les technologies destinées aux futurs sous-marins de la classe Dakar, dont le premier a vu sa construction débuter cette année dans le même chantier naval.
Changements majeurs
Sur le plan physique, le Drakon diffère considérablement de ses prédécesseurs. Mesurant environ 73 mètres, il est nettement plus long que la coque type Dolphin II de 57,3 mètres et dispose d’une tourelle plus grande. Ces modifications ont donné lieu à des spéculations concernant l’intégration de systèmes de lancement verticaux pour des missiles balistiques ou de croisière, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été fournie par le constructeur ou le gouvernement israélien.
Les spécifications techniques indiquent que le sous-marin dispose de dix tubes lance-torpilles de calibres variés, d’un poids en immersion estimé entre 2 400 et 3 000 tonnes, et d’une vitesse maximale supérieure à 25 nœuds, pour un équipage de 45 personnes.
Suivie par la Russie
Les implications stratégiques de ce navire ont suscité une attention particulière de la part de la Russie. Pendant la phase d’essais du sous-marin, Moscou a déployé deux navires de renseignement pour suivre ses mouvements — un niveau de surveillance qui a dépassé celui accordé aux grands exercices de l’OTAN. Cet intérêt s’explique probablement par le potentiel de ce sous-marin à renforcer la dissuasion navale d’Israël, une évolution suivie de près par Téhéran.
Dans le même temps, les capacités de surveillance de la Russie dans d’autres régions ont été affaiblies ; son navire du projet 18280, l’Ivan Khurs, reste gravement endommagé à Sébastopol à la suite d’attaques ukrainiennes répétées. (fc)
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