Principaux renseignements
- L’Union européenne suspend les importations de viande bovine et de volaille en provenance du Brésil en raison de préoccupations liées aux antibiotiques.
- Le Brésil doit prouver que ses protocoles sanitaires respectent les exigences sanitaires européennes strictes pour reprendre les échanges commerciaux.
- Ces réglementations visent à lutter contre la résistance aux antimicrobiens afin d’éviter des millions de décès dans le monde.
À compter de ce jeudi, l’Union européenne suspend les importations de viande bovine et de volaille en provenance du Brésil.
Antibiotiques
Cette décision de la Commission européenne fait suite à des doutes quant à la conformité des protocoles sanitaires brésiliens aux exigences sanitaires de l’Union.
Concrètement, le Brésil s’est vu retirer en mai son statut de pays conforme aux normes en raison de préoccupations liées à l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage.
Conditions de reprise des échanges
Bien que l’UE continue d’entretenir un dialogue constructif et coopératif avec les autorités brésiliennes, la reprise des échanges dépend entièrement de la capacité du Brésil à prouver qu’il répond aux critères requis.
Actuellement, une évaluation portant sur le miel et la volaille est en cours et devrait s’achever d’ici vendredi. Si ces résultats s’avèrent favorables et sont approuvés par les États membres de l’UE, les expéditions de volaille pourraient reprendre sous peu. En revanche, les importations de viande bovine devraient subir un retard plus important, la Commission ayant souligné que les différents cycles de production animale influent sur le calendrier de certification.
Répercussions économiques
Ce durcissement réglementaire fait suite à des pressions importantes exercées par les autorités françaises et divers groupes d’agriculteurs. Ces détracteurs ont exprimé leurs inquiétudes après la signature, en janvier 2026, d’un accord de libre-échange avec le bloc du Mercosur, qui comprend le Paraguay, l’Uruguay, l’Argentine et le Brésil.
L’impact économique est notable, le Brésil ayant été la deuxième source d’approvisionnement en viande bovine de l’UE en 2025, avec plus de 92 000 tonnes de produits d’une valeur supérieure à 713 millions d’euros.
La lutte contre la résistance aux antimicrobiens
Les politiques strictes de l’UE interdisent l’utilisation d’antimicrobiens pour stimuler la croissance ou la productivité du bétail, ainsi que l’utilisation chez les animaux de médicaments destinés exclusivement aux soins de santé humains. Ces réglementations s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à lutter contre la montée en flèche de la résistance aux antimicrobiens à l’échelle mondiale.
L’urgence de ces mesures est soulignée par les données de l’Organisation mondiale de la santé, qui indiquent que les bactéries résistantes aux médicaments causent plus d’un million de décès directs chaque année et contribuent à près de cinq millions de décès supplémentaires. (fc)
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