Le mot – qui est sur toutes les lèvres – que la présidente de la BCE, Mme Lagarde, n’a pas utilisé

L’observateur de la BCE, Carsten Brzeski (ING), a remarqué que Christine Lagarde, dans son briefing politique d’hier, n’a pas utilisé l’un des termes économiques les plus controversés, peut-être à dessein.

Mme Lagarde a dressé un tableau sombre de l’économie, les réouvertures après les fermetures dues au coronavirus étant le seul point positif. « Le conflit en Ukraine et l’incertitude qui y est associée pèsent lourdement sur la confiance des entreprises et des consommateurs », a-t-elle déclaré. « Les perturbations commerciales entraînent de nouvelles pénuries de matériaux et de moyens de production. La forte hausse des prix de l’énergie et des matières premières réduit la demande et freine la production. »

Stagflation

En bref : une combinaison d’affaiblissement de la croissance et de hausse des prix. « Lagarde a évité d’appeler cela ‘stagflation‘ », écrit Brzeski dans une analyse. « Mais nous pensons que si ça fonctionne comme la stagflation et que ça parle comme la stagflation… Vous voyez ce que nous voulons dire. »

Le fait que la BCE, contrairement à beaucoup d’autres, n’utilise pas ce terme est peut-être lié à la connotation de crise qui lui est attachée. La stagflation est généralement associée à des effets secondaires difficiles à contrôler, tels qu’une spirale salaires-prix, qui continuent à alimenter l’inflation. Mais selon la Banque centrale européenne, les hausses des salaires dans la zone euro restent « modérées » pour l’instant.

Selon l’analyse de la BCE, une hausse rapide des taux d’intérêt pour refroidir l’inflation n’est pas nécessaire. Le taux d’intérêt zéro restera donc en place dans la zone euro pendant au moins quelques mois encore.

Une attitude attentiste

Francfort est donc nettement plus prudent que d’autres grandes banques centrales telles que la Fed et la Banque d’Angleterre, qui ont déjà relevé leurs taux d’intérêt. Mme Lagarde n’a pas non plus fixé de calendrier pour le retour à des taux d’intérêt plus élevés, « plus normaux ».

ING pense que la première hausse des taux interviendra en septembre, ABN Amro spécule sur décembre et le gestionnaire d’actifs Fidelity n’exclut pas une hausse des taux d’intérêt de la BCE avant début 2023.

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