Principaux renseignements
- Les États-Unis exercent une forte pression sur Cuba au moyen d’un blocus pétrolier afin d’imposer un changement de régime dans le pays.
- De graves pénuries d’énergie provoquent une crise humanitaire désastreuse pour la population civile.
- Cuba poursuit sa transition vers les énergies renouvelables pour contourner l’isolement économique imposé par les États-Unis.
Le gouvernement américain exerce une forte pression sur Cuba et tente ainsi d’imposer un changement de régime. Dans le cadre de cette stratégie, les États-Unis ont recours à un blocus pétrolier afin de paralyser les infrastructures énergétiques de l’île. En coupant les approvisionnements vitaux en carburant, les États-Unis espèrent obtenir un changement politique que les administrations précédentes n’ont pas réussi à obtenir. Plusieurs médias, dont la VRT, en font état.
Pression stratégique et ambitions géopolitiques
Le président Trump a ouvertement évoqué la possibilité de prendre le contrôle ou de « libérer » cette nation affaiblie. Il laisse entrevoir une volonté de rouvrir le pays aux Cubano-Américains. Parallèlement, le secrétaire d’État Marco Rubio a présenté le régime communiste comme une menace pour la sécurité nationale. Ce s’aligne sur une interprétation moderne de la doctrine Monroe afin d’assurer la domination américaine dans l’hémisphère occidental et de limiter les liens de Cuba avec des rivaux tels que la Russie, la Chine et l’Iran.
Alors que les États-Unis adoptent une position ferme, des négociations diplomatiques semblent se dérouler en coulisses. Des rapports font état de négociations impliquant Raúl Guillermo Rodríguez Castro, le petit-fils de Raúl Castro. Cependant, ces conversations coexistent avec des mesures juridiques hostiles. Le ministère américain de la Justice a récemment inculpé Raúl Castro père pour un incident survenu en 1996 impliquant la destruction d’un avion de l’organisation « Brothers to the Rescue ». Des observateurs estiment que cette approche juridique rappelle fortement la stratégie appliquée à Nicolás Maduro au Venezuela, ce qui pourrait servir de justification juridique à une future intervention.
Une urgence humanitaire croissante
La population civile subit de plein fouet ce conflit à travers une crise humanitaire qui s’aggrave. De graves pénuries de carburant ont entraîné des pannes d’électricité généralisées, certains habitants de La Havane ne bénéficiant que de deux heures d’électricité par jour. Cet effondrement du réseau énergétique a provoqué la détérioration des denrées alimentaires et paralysé les réseaux d’approvisionnement en eau en période de canicule. Alors que la Russie et la Chine ont tenté d’apporter une aide minimale, la plupart des fournisseurs internationaux ont cessé leurs livraisons pour éviter les droits de douane américains.
L’isolement économique s’est encore accentué avec l’extension des sanctions. Un décret du 1er mai autorise Washington à geler les avoirs des entités tierces faisant des affaires avec Cuba. Cela a pour effet de dissuader les investisseurs et les entreprises mondiaux. L’une des principales cibles est GAESA, le conglomérat géré par l’armée qui occupe une place centrale dans l’économie cubaine, avec une date butoir fixée à juin 2026 pour que toutes les entités mondiales rompent leurs liens avec lui.
Indignation internationale
En réponse, le président Miguel Díaz-Canel a qualifié le blocus énergétique de « génocidaire », tandis que les Nations unies ont signalé que cette situation constituait une violation des droits humains fondamentaux. Des pays comme l’Espagne, le Brésil et le Mexique ont exprimé leur inquiétude face à la détérioration de la situation humanitaire et coordonnent actuellement l’aide. La Chine est également intervenue en faisant d’importants dons alimentaires.
Pour atténuer la crise, Cuba tente une transition rapide vers les énergies renouvelables avec l’aide de la Chine, en déployant des parcs solaires et en introduisant des véhicules électriques. Cependant, ces changements structurels à long terme ne peuvent pas résoudre les problèmes actuels de la population cubaine. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

