Principaux renseignements
- Le CD&V propose une refonte complète visant à remédier à un système fiscal obsolète et incohérent applicable aux organisations à but non lucratif.
- Les nouvelles règles exonéreraient les bénéfices internes jusqu’à 100 000 euros et supprimeraient la lourde taxe sur le patrimoine.
- Cette réforme protège les organisations professionnalisées qui réinvestissent leurs bénéfices dans des missions sociales.
Le CD&V a élaboré un plan complet visant à réformer le système fiscal des organisations à but non lucratif (ASBL). C’est ce que rapporte De Tijd. Selon le député Steven Matheï, qui a collaboré avec les acteurs du secteur à l’élaboration de cette proposition, le cadre juridique actuel est obsolète et caractérisé par un manque de cohérence. Cette imprévisibilité conduit souvent à des situations où des organisations exerçant des activités identiques sont imposées différemment, un problème qui, selon Matheï, persiste depuis près d’un siècle.
Le coût de la professionnalisation
Le système actuel pénalise souvent les organisations qui adoptent des techniques de gestion professionnelles. Par exemple, les ASBL qui ont recours à la vente de billets en ligne, à des stratégies de marketing ou à des financements externes peuvent se voir imposer des taxes plus élevées, même lorsque tous les bénéfices sont réinvestis dans leurs missions sociales.
Cette ambiguïté concernant les « objectifs commerciaux » a donné lieu à de nombreuses batailles juridiques, certaines organisations étant contraintes de payer un impôt sur les sociétés de 25 pour cent sur leurs bénéfices.
Une proposition simplifiée d’exonérations
Pour résoudre ces conflits, le CD&V propose une approche simplifiée. Dans le cadre de ce plan, les cotisations, les dons, les subventions et les bénéfices internes jusqu’à 100 000 euros seraient exonérés d’impôt. Pour les revenus dépassant ce seuil, l’exonération serait maintenue à condition que les fonds soient consacrés aux objectifs sociaux de l’organisation dans un délai de cinq ans ; dans le cas contraire, l’impôt sur les sociétés s’appliquerait.
De plus, les ASBL dont les revenus sont inférieurs à 100 000 euros ne seraient plus tenues de déposer une déclaration fiscale, le contrôle pouvant être assuré par le biais de leurs comptes annuels.
Suppression de l’impôt sur le patrimoine
Par ailleurs, le parti plaide en faveur de la suppression totale de l’impôt sur le patrimoine, qui est un prélèvement annuel sur l’actif total d’une organisation. Bien que cet impôt ait été conçu pour compenser l’absence de droits de succession, le CD&V fait valoir qu’il est devenu une charge financière oppressante pour beaucoup.
Actuellement, ce impôt varie de 0,15 pour cent pour les actifs compris entre 50 000 et 250 000 euros jusqu’à 0,45 pour cent pour les actifs supérieurs à 500 000 euros.
Viabilité politique
L’importance économique de ce secteur justifie une telle réforme, car les 160 000 organisations à but non lucratif de Belgique génèrent 38 milliards d’euros de chiffre d’affaires et fournissent 450 000 emplois. Matheï estime que la proposition est politiquement viable, soulignant que la réforme de la fiscalité des organisations à but non lucratif est déjà prévue dans l’accord gouvernemental.
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