Principaux renseignements
- Les autorités fédérales ont annulé les assignations à comparaître délivrées aux journalistes du New York Times.
- Les procureurs du gouvernement ont admis ne pas avoir notifié légalement les journalistes de la saisie de leurs relevés téléphoniques.
- Les défenseurs de la liberté de la presse considèrent ces manœuvres juridiques comme une campagne agressive visant à réduire les médias au silence.
Les autorités fédérales ont décidé de retirer les citations à comparaître précédemment signifiées aux journalistes du New York Times impliqués dans une enquête sur une fuite concernant les moyens de transport du président. Cette enquête portait sur des articles relatant des failles de sécurité liées à un Air Force One offert par le Qatar. Lors d’une audience jeudi, le procureur Sean Buckley a informé le juge Arun Subramanian que le gouvernement allait retirer ces demandes, tout en précisant que l’enquête restait en cours et que la possibilité de réémettre des citations à comparaître restait ouverte. C’est ce que rapporte Reuters.
Sécurité nationale et départ de Turquie
Le conflit juridique a débuté après que le New York Times eut révélé en détail comment le président Trump avait quitté la Turquie à bord d’un avion plus ancien, car la version plus récente, offerte en don, ne disposait pas de systèmes de défense essentiels, tels que la technologie antimissile. Les responsables gouvernementaux ont fait valoir que la divulgation de tels détails classifiés en matière de défense créait des risques importants pour la sécurité nationale, notamment compte tenu des tensions avec des adversaires étrangers comme l’Iran. Ces articles, qui s’appuyaient sur des sources anonymes, ont été publiés alors qu’un cessez-le-feu dans le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran venait de prendre fin.
Battles juridiques et recours au premier amendement
En réponse, le New York Times a saisi la justice pour faire invalider les assignations à comparaître, affirmant qu’elles constituaient un moyen d’intimidation et de harcèlement. Le journal a en outre affirmé que le premier amendement protège la liberté de la presse et que les procureurs avaient ignoré les protocoles internes du ministère de la Justice, qui exigent généralement une autorisation de haut niveau avant de cibler des journalistes. Alors que le ministère de la Justice a soutenu que le premier amendement n’accorde pas aux journalistes une immunité totale lors d’enquêtes pénales, le procureur Buckley a admis que le gouvernement n’avait pas notifié légalement aux journalistes que leurs relevés téléphoniques avaient fait l’objet d’une assignation à comparaître.
Implications plus larges pour la liberté de la presse
À l’issue de la procédure, le New York Times a déclaré que le gouvernement avait en substance admis que les assignations étaient illégales. Cet incident s’inscrit dans une tendance plus large que les organisations de défense de la liberté de la presse qualifient de campagne agressive menée par l’administration Trump pour réduire les médias au silence par le biais de menaces juridiques et de mandats, citant des actions similaires à l’encontre du Wall Street Journal et du Washington Post. À l’inverse, l’administration insiste sur le fait que son objectif est de sanctionner ceux qui divulguent des données classifiées plutôt que les journalistes eux-mêmes, tandis que l’équipe juridique du président fait valoir qu’elle cherche simplement à obtenir des comptes pour des informations inexactes.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

