L’assistant vocal d’Amazon, Alexa, partira bientôt à la conquête de l’espace

La NASA envisage l’utilisation d’assistants virtuels pour aider les futurs astronautes qui partiront vers des destinations lointaines. C’est dans ce but qu’une version spéciale d’Alexa, l’assistant vocal d’Amazon, ainsi que la plateforme de visioconférence Webex de Cisco embarqueront lors du vol inaugural de la nouvelle génération de fusée de la NASA.

Et si la fiction devenait réalité ? Combien de films de science-fiction qui se déroulent dans l’espace impliquent une intelligence artificielle dotée de la parole ? Beaucoup se souviennent sans doute de « Maman » dans Alien ou de Duotronics, l’ordinateur parlant sur le Starship Enterprise, dans Star Trek. Mais ces assistants ont-ils une réelle utilité pour les voyages spatiaux ? C’est ce que va tenter de déterminer la NASA lors de prochaines missions. L’agence spatiale américaine prévoit en effet d’intégrer l’assistant vocal d’Amazon, Alexa, et la plateforme de vidéoconférence Webex de Cisco, dans la capsule Orion, dans le cadre de la mission Artemis I, afin de voir si ces outils pourraient profiter aux futurs astronautes lors de destinations lointaines, vers la Lune ou Mars.

Castilllo, le compagnon d’Artemis

La première expérience aura lieu lors de la prochaine mission de la NASA, connue sous le nom d’Artemis I. Il s’agit du premier vol d’essai du programme Artemis qui vise à amener un équipage sur le sol lunaire d’ici 2025.

Ce vol sera d’autant plus remarquable qu’il se fera à bord de la fusée Space Launch System. Artemis I marquera en effet le vol inaugural de la nouvelle génération de fusée de la NASA. L’engin développé par Boeing au cours de la dernière décennie, comme le rappelle The Verge, transportera la nouvelle capsule d’équipage Orion, mise au point par Lockheed Martin. Un premier vol qui sera évidemment inhabité pour des raisons de sécurité.

Les assistants virtuels seront donc seuls à bord et prendront forme à travers une « interface homme-machine », mise au point par Lockheed Martin, Amazon et Cisco. Voici à quoi elle ressemble:

Crédit : Lockheed Martin

Baptisée Castillo en l’honneur du compagnon d’Artémis dans la mythologie grecque, l’interface dispose d’un haut-parleur Alexa et d’un iPad pour exécuter Webex. Durant le vol inaugural inhabité de la fusée SLS, ce sera des personnes au sol qui interagiront avec l’assistant vocal Alexa. Elles lui donneront des ordres à travers un haut-parleur placé dans la capsule Orion et lui demanderont différents types d’informations sur le vol ou la vitesse à laquelle ils se déplacent.

Afin de pouvoir répondre en temps réel aux questions relatives au vol, une version spéciale d’Alexa a été développée à cette occasion puisqu’elle ne pourra pas se connecter à Internet pour trouver les réponses. L’assistant fonctionnera en local et pourra compter sur le cloud d’Orion. Alexa pourra répondre à des centaines de commandes prédéterminées.

Pour ce qui est de la plateforme de vidéoconférence Webex, cette dernière sera également testée depuis la Terre. Des personnes tiendront une visioconférence depuis le sol et tenteront d’interagir avec Alexa depuis la plateforme ouverte sur l’iPad. La mauvaise connectivité posera un sérieux problème ici, c’est pourquoi des technologies de compensations de pertes seront impliquées.

Un compagnon de route

« Nous (…) envisageons un avenir dans lequel les astronautes pourraient se tourner vers une intelligence artificielle embarquée pour obtenir des informations, de l’aide et, finalement, de la compagnie », a déclaré Aaron Rubenson, vice-président d’Alexa Everywhere chez Amazon. « Vous pouvez facilement imaginer des astronautes se tourner vers cette IA embarquée pour parler de l’état d’un sous-système ou peut-être contrôler les lumières de la cabine ou demander une vue de caméra particulière ».

Mais les assistants aideront également à « surmonter l’isolement » lors des vols à destinations lointaines, en permettant aux astronautes de « rester et de se sentir connectés à leur maison, aux membres de leur famille et à leurs amis », a déclaré Jeetu Patel, vice-président exécutif de Cisco.

Pour l’instant, Castillo reste une démonstration technologique. Il n’est pas encore question que l’interface soit embarquée lors de prochains vols habités, mais si les premiers résultats sont concluants, cela ne saurait tarder. Cela se ferait cependant sous une forme différente.

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