L’armée britannique va-t-elle intégrer des soldats afghans dans ses rangs ?

Les commandos afghans ont été d’une grande aide pour évacuer les anciens collaborateurs des Britanniques. Au Royaume-Uni, des voix s’élèvent pour les incorporer officiellement dans l’armée. Et il y aurait des précédents historiques.

Alors que les forces armées de Sa Majesté -comme d’ailleurs la majorité des armées européennes- cherchent plutôt à réduire les effectifs pour des raisons budgétaires, plusieurs parlementaires et hauts gradés britanniques ont proposé un recrutement fort symbolique. Selon The Telegraph, ils ont évoqué la création d’un nouveau régiment de la British Army, et celui-ci serait composé des commandos de l’armée afghane qui ont été contraints de quitter leur pays.

Le mois dernier, les forces spéciales britanniques ont mené l’opération Pitting, dont le but était l’exfiltration massive d’Afghanistan de ressortissants britanniques et d’Afghans ayant collaboré avec les Occidentaux. Ce sont environ 15.000 personnes qui ont pu quitter le pays grâce aux soldats britanniques. Et, surtout, grâce à l’aide précieuse des commandos afghans, qui se sont fort impliqués dans la localisation des anciens auxiliaires des troupes occidentales, selon le responsable des opérations à l’état-major interarmées britannique Nick Borton.

« Nous avons combattu ensemble »

Ces anciens soldats se retrouvent sans plus rien de leur vie passée et, pour Tom Tugendhat, président du comité des Affaires étrangères à la Chambre des communes et ancien officier de la British Army, il est inconcevable que l’armée les abandonne dans le besoin: « Nous nous sommes entraînés et avons combattu aux côtés de nombreux Afghans, qui se trouvent maintenant au Royaume-Uni. Ils ont prouvé leur loyauté mille fois. S’ils veulent servir, nous devons les accueillir. J’adorerais voir un régiment d’éclaireurs afghans. »

Le précédent des Gurkhas

Une idée qui, en Grande-Bretagne, rappelle les régiments issus de certaines ethnies qui servaient la Grande-Bretagne durant l’époque coloniale. En premier lieu les Gurkhas, membres d’une ethnie népalaise qui a affronté la Compagnie britannique des Indes orientales dans son conflit avec le royaume himalayen de 1814. Impressionnée par ces guerriers, la Couronne a constitué des régiments entiers de Gurkhas qui, aujourd’hui encore, servent les armées britanniques et indiennes, ainsi que les anciennes colonies de Singapour et du Sultanat de Brunei. Une brigade de Gurkhas de 3.640 personnes est toujours stationnée à l’Académie royale militaire de Sandhurst.

Quant aux Afghans, leur sort est toujours dans la balance. Si ces anciens soldats bénéficient de la sympathie de l’opinion britannique, aucune décision n’a encore été prise concernant leur éventuelle incorporation. Leur nombre exact n’a pas été communiqué : ils seraient quelques centaines, toujours selon The Telegraph.

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