L’Amiral Nakhimov, navire de prestige russe au coût exorbitant, s’avère très vulnérable face aux drones


Principaux renseignements

  • La Russie a remis en service le croiseur d’attaque à propulsion nucléaire « Admiral Nakhimov » afin de renforcer la puissance de feu de sa marine.
  • La rénovation du navire a duré près de trente ans et a coûté une fortune.
  • Cependant, des essaims de drones asymétriques bon marché constituent une menace considérable pour ce navire prestigieux.

L’Amiral Nakhimov, un immense croiseur de combat à propulsion nucléaire, incarne la tentative de la Russie de faire revivre une stratégie datant de la guerre froide. Après près de trois décennies de réaménagement en profondeur, le navire est réapparu équipé de réacteurs modernisés, d’outils avancés de guerre électronique et de nouveaux systèmes radar.

Sa principale force offensive réside dans plus de 170 cellules de lancement verticales capables de tirer des missiles Zircon, Oniks et Kalibr. Cependant, ce mastodonte de 28 000 tonnes évolue dans un environnement maritime moderne où sa taille même peut constituer un handicap.

Croiseur de combat

Conçue à l’origine par les stratèges soviétiques dans les années 1970, la classe Kirov a été pensée comme une riposte aux groupes aéronavals américains. L’URSS ne disposant pas d’une aviation navale comparable, elle a opté pour un volume de missiles écrasant afin de percer les défenses des porte-avions américains.

Cette philosophie a donné naissance à un « croiseur de combat », un navire caractérisé par son immense autonomie et sa capacité destructrice. Cette course aux armements navals a trouvé son pendant en Occident lorsque l’administration Reagan a remis en service les cuirassés de classe Iowa afin de faire face à la puissance de feu émergeant de l’Union soviétique.

Le risque d’une guerre asymétrique

Bien que l’Amiral Nakhimov soit une merveille d’ingénierie, son avenir est incertain. Ce navire est le seul de son genre encore en service dans la flotte russe, ce qui en fait une cible de grande valeur. Malgré ses systèmes de défense sophistiqués, il est vulnérable aux tactiques d’« essaim » observées lors de conflits récents.

En mer Noire, des drones et des missiles ukrainiens peu coûteux ont réussi à neutraliser des navires russes bien plus onéreux, prouvant ainsi que des plateformes coûteuses peuvent être vaincues par une guerre asymétrique à faible coût.

La fin de l’ère

En fin de compte, le croiseur de combat est une relique d’une ère révolue. La doctrine navale moderne s’est orientée vers une létalité distribuée et l’utilisation de systèmes sans pilote, privilégiant la flexibilité à la puissance concentrée. Si l’Amiral Nakhimov reste une menace redoutable et un puissant outil de propagande pour le Kremlin, sa vulnérabilité face à des armes bon marché et produites en masse suggère que l’ère des navires de combat de surface géants est révolue. Ce navire est moins un modèle pour de futures victoires qu’un monument dédié à une idéologie de la Guerre froide désormais révolue. (fc)

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