La Russie se prépare aux élections, qui s’annoncent plus passionnantes que jamais


Principaux renseignements

  • La Russie utilise les élections de septembre pour projeter une image de stabilité malgré les tensions économiques liées à la guerre.
  • Le parti traditionnellement le plus important, « Russie unie », voit son soutien décliner mais conserve une emprise assurée sur le pouvoir.
  • Des partis émergents disputent à l’opposition traditionnelle la deuxième place.

La Russie se prépare à une série d’élections nationales en septembre prochain, qui porteront notamment sur l’élection des dirigeants régionaux et d’une nouvelle Douma d’État. Si le parti au pouvoir, Russie unie, devrait conserver son emprise sur le pouvoir, les résultats pourraient révéler l’impact du conflit prolongé en Ukraine sur le climat politique du pays.

Un climat d’instabilité

Ces élections se déroulent dans un contexte de grande instabilité. L’économie est mise à rude épreuve par le poids de la guerre, et les frappes de drones ukrainiens ont provoqué des pénuries de carburant. En conséquence, une grande partie de la population perçoit désormais le climat politique comme tendu.

Malgré cela, le Kremlin considère ces élections comme un moyen essentiel de projeter une image de stabilité et de soutien populaire envers le président Vladimir Poutine et le parti au pouvoir, d’autant plus que leurs taux de popularité fluctuent. Certains rapports suggèrent qu’une victoire décisive est nécessaire avant que le gouvernement n’annonce éventuellement une nouvelle vague de mobilisation militaire.

450 députés élus

En ce qui concerne les mandats spécifiques en jeu, l’événement principal est l’élection à la Douma d’État, qui se tiendra du 18 au 20 septembre. Elle portera sur l’élection de 450 députés — la moitié via des listes de parti et l’autre moitié dans des circonscriptions uninominales.

Il convient de noter que ce cycle électoral marque la première participation des habitants des territoires ukrainiens occupés. Parallèlement, des gouverneurs seront élus dans 11 régions, bien que certaines républiques du Caucase du Nord désignent leurs dirigeants par le biais de leurs assemblées législatives plutôt que par un scrutin direct. De plus, les électeurs de 39 régions éliront les membres de leurs parlements régionaux.

Participation et polémiques

La participation électorale est au cœur des préoccupations, les autorités régionales visant, selon certaines sources, un taux de participation d’environ 50 pour cent. Si les sondages officiels indiquent qu’une majorité de citoyens a l’intention de voter, une grande confusion règne quant aux dates des élections.

Par ailleurs, le recours au vote électronique dans 33 régions a suscité des critiques de la part de ceux qui estiment qu’il facilite la fraude électorale.

« Russie unie »

« Russie unie » est confronté à un contexte difficile. Des rapports internes indiquent une baisse de popularité, certains sondages lui attribuant des scores allant de 16 pour cent à 34 pour cent, contre 40 pour cent au début de la guerre. Ce recul est attribué aux difficultés économiques et au renforcement de la censure.

Le parti a été critiqué pour son manque d’orientation stratégique et pour avoir tardé à publier sa liste de candidats, qui n’a été dévoilée qu’après un récent congrès. Cette liste comprend des personnalités de premier plan telles que Sergueï Lavrov et Sergueï Sobianine, mais exclut notamment le chef du parti, Dmitri Medvedev, du top 5. Pour lutter contre sa popularité en baisse, le parti tente d’impliquer le public dans l’élaboration de son « Programme du peuple ».

La bataille pour la deuxième place

Si la victoire de Russie unie est largement assurée, la véritable compétition porte sur la deuxième place. Le parti « Nouveaux Hommes » s’est imposé comme un concurrent de poids, susceptible de dépasser le Parti communiste avec environ 12 pour cent des suffrages. Son attrait tient à l’accent mis sur des questions concrètes telles que le soutien aux petites entreprises et la violence domestique, ainsi qu’à sa critique des hausses d’impôts et des restrictions sur Internet.

À l’inverse, les autres partis traditionnels sont en difficulté. Le Parti communiste a perdu son identité depuis l’invasion de l’Ukraine, ne parvenant plus à séduire ni les militants ni les partisans de la ligne dure. Le LDPR souffre d’un manque de charisme et d’une image de marque floue depuis le décès de Vladimir Jirinovski. De même, « Une Russie juste » a vu son influence s’éroder après être passé d’une position d’opposition à un alignement total sur le Kremlin.

Enfin, le parti libéral Iabloko entend se présenter sur un programme prônant un cessez-le-feu et la fin de la répression politique. Bien que ses chances de remporter des sièges soient minces — et qu’il doive surmonter l’obstacle consistant à recueillir 200 000 signatures pour se qualifier —, sa participation est une nécessité légale pour éviter d’être dissous pour inactivité. (fc)

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