Principaux renseignements
- La mort du nationaliste controversé Vladimir Jirinovski semble indiquer un affaiblissement de l’emprise du Kremlin sur les groupes nationalistes.
- Jirinovski a joué un rôle de faire-valoir précieux pour Poutine, lui permettant de paraître modéré par comparaison.
- Les groupes nationalistes émergents, mécontents de Poutine, constituent une menace et un défi pour l’emprise du Kremlin sur le pouvoir.
Le décès de Vladimir Jirinovski, fondateur du Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR), a mis en évidence le déclin de l’influence du Kremlin sur les groupes nationalistes. Si le LDPR n’a jamais été véritablement libéral ou démocratique, il a servi de tribune à la personnalité extravagante et aux déclarations provocatrices de Jirinovski, souvent destinées à capter l’attention plutôt qu’à défendre des idées politiques cohérentes.
Malgré ses tentatives infructueuses de se faire élire président, Jirinovski a joué un rôle crucial dans la légitimation du régime de Poutine. Il a agi comme un paratonnerre, attirant les éléments les plus extrêmes du nationalisme russe tout en permettant à Poutine et à son parti Russie unie de paraître modérés en comparaison. De cette manière, le Kremlin exerçait un contrôle suffisant sur le nationalisme le plus extrême en Russie.
De nouvelles voix nationalistes
Le successeur de Jirinovski, Leonid Sloutski, n’a pas le même charisme ni le même mépris des normes sociales qui ont fait de Jirinovski un homme si efficace. Le LDPR, bien qu’il fasse toujours partie de « l’opposition systémique », est confronté à une crise existentielle. Sa longue présence au Parlement a érodé son image de force rebelle, le rendant vulnérable à la concurrence de groupes nationalistes militaristes émergents.
Ces nouveaux nationalistes, souvent des vétérans du conflit en Ukraine ou des commentateurs en ligne très actifs, sont déçus par le leadership de Poutine et cherchent d’autres voies pour l’avenir de la Russie. Certains prônent des réformes démocratiques tandis que d’autres aspirent à un retour à l’autoritarisme stalinien.
La réponse du Kremlin
Conscient de ce défi, le Kremlin tente de coopter ces nouveaux nationalistes en présentant des vétérans de guerre comme candidats aux prochaines élections législatives. Cependant, il s’avère difficile de trouver des personnalités crédibles disposées à servir de mandataires du Kremlin. Parallèlement, la direction du LDPR subit des pressions pour obtenir une part significative des voix lors de ces élections truquées, dans l’espoir de conserver son accès aux ressources de l’État.
L’exposition au Manezh commémorant Jirinovski souligne la volonté du Kremlin d’assurer la continuité au sein du mouvement nationaliste. Pourtant, la façade soigneusement construite d’un système politique multipartite devient de plus en plus fragile à mesure que de nouvelles générations de nationalistes émergent avec des visions distinctes de l’avenir de la Russie.
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