La Russie réduit son soutien économique face aux pressions budgétaires


Principaux renseignements

  • La Russie va réduire considérablement les subventions et les prêts publics accordés aux entreprises en raison de pressions budgétaires croissantes.
  • L’économie russe est confrontée à des contraintes liées à l’épuisement de la main-d’œuvre, à une capacité de production limitée et à la diminution des réserves financières.
  • Afin de promouvoir une croissance durable, le gouvernement russe encourage les entreprises à rechercher des financements par capitaux propres plutôt que de compter sur un soutien basé sur l’endettement.

La croissance économique de la Russie ralentit après une période d’expansion rapide alimentée par le soutien du gouvernement. Le ministre du Développement économique, Maxim Reshetnikov, a annoncé que si les engagements existants envers les entreprises seraient honorés, les nouvelles subventions et les prêts à taux préférentiels seraient considérablement réduits en raison de pressions budgétaires croissantes.

Changement de priorités

Ce changement marque un tournant pour l’économie russe, qui s’appuyait fortement sur la main-d’œuvre disponible, les capacités industrielles et les réserves budgétaires, dont une grande partie est désormais épuisée. Reshetnikov a souligné la nécessité pour les entreprises d’investir et de créer des emplois, mais a reconnu que celles-ci devront de plus en plus compter sur leurs propres ressources.

La croissance économique de la Russie ces dernières années a été en partie alimentée par la mobilisation de ressources inutilisées. Cependant, les responsables affirment désormais que ces réserves ont été épuisées. Une main-d’œuvre en diminution, avec un taux de chômage à un niveau historiquement bas, limite encore davantage le potentiel de croissance.

Atteindre les limites

La gouverneure de la Banque centrale, Elvira Nabiullina, a souligné que la capacité de production approche de ses limites et que les réserves budgétaires et financières ont été épuisées. Les liquidités du Fonds de richesse nationale ont considérablement diminué depuis le début de la guerre.

Les recettes pétrolières élevées sont désormais principalement affectées au remboursement de la dette plutôt qu’à de nouveaux prêts, ce qui freine encore davantage la croissance économique. L’économie n’a progressé que de 1 pour cent en 2025, et le PIB des deux premiers mois de 2026 était inférieur à celui de l’année précédente, même si le nombre réduit de jours ouvrés a pu influencer cette comparaison.

Budgét

Les contraintes budgétaires se resserrent considérablement. Le déficit fédéral a atteint un montant substantiel en 2024 et, au premier trimestre 2026, il dépassait déjà l’objectif fixé pour l’ensemble de l’année. Le coût des subventions sur les taux d’intérêt, avec des prêts subventionnés totalisant environ 17 000 milliards de roubles (190 milliards d’euros) dans divers secteurs, exerce une pression majeure sur les finances publiques.

Les taux d’intérêt restant élevés, la charge budgétaire de ces programmes s’est considérablement alourdie. Chaque point de pourcentage supplémentaire du taux directeur ajoute un montant substantiel au déficit budgétaire.

Encourager le financement par capitaux propres

Le gouvernement s’efforce désormais d’encourager les entreprises à recourir au financement par capitaux propres plutôt que de s’appuyer sur un soutien basé sur la dette. Cette orientation s’inscrit dans la lignée de la campagne menée de longue date par la Banque centrale en faveur d’un tel changement, celle-ci faisant valoir que le recours généralisé aux prêts subventionnés réduit l’efficacité de la politique monétaire.

Le président Vladimir Poutine s’est fixé pour objectif de doubler la capitalisation boursière de la Russie d’ici 2030. Cependant, la capitalisation boursière a baissé depuis que cet objectif a été fixé, ce qui rend sa réalisation difficile.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Plus