Principaux renseignements
- La Russie est confrontée à une pénurie de main-d’œuvre sans précédent, qui fait grimper les salaires et complique les décisions de politique monétaire.
- Cette pénurie menace la stabilité des prix en alimentant l’inflation et en augmentant les coûts de production.
- Lors de sa prochaine réunion sur les taux d’intérêt, la Banque centrale russe devra trouver un équilibre délicat entre la stimulation de la croissance et la maîtrise de la hausse des prix.
La Russie est confrontée à une pénurie de main-d’œuvre sans précédent, selon Elvira Nabiullina, gouverneure de la Banque centrale. Cette situation, qui constitue un nouveau défi dans l’histoire moderne du pays, attise l’inflation et complique les décisions de politique monétaire. Nabiullina a indiqué que le taux de chômage en Russie avait atteint un niveau historiquement bas de deux pour cent, ce qui entraîne une concurrence féroce entre les employeurs pour recruter les travailleurs disponibles. Cette forte demande de main-d’œuvre a entraîné une hausse des salaires, ce qui augmente les coûts de production et renforce le pouvoir d’achat des consommateurs.
Une nouvelle réalité économique
Nabiullina insiste sur l’importance de cette nouvelle réalité économique pour le gouvernement ainsi que pour les entreprises. Par le passé, les experts attribuaient généralement les périodes de taux d’intérêt élevés à des chocs externes temporaires. Cette situation permettait alors une baisse rapide des taux dès le retour de la stabilité.
La conjoncture actuelle présente toutefois une détérioration persistante des conditions externes. Cette évolution structurelle affecte désormais aussi bien les exportations que les importations de manière durable.
La pénurie de main-d’œuvre menace la stabilité des prix
Alors que la Banque centrale russe prévoyait auparavant une légère augmentation de la main-d’œuvre pour justifier la baisse de son taux directeur, qui avait atteint un niveau record, Nabiullina a averti l’année dernière que la pénurie de main-d’œuvre constituait une menace majeure pour la stabilité des prix, parallèlement à la hausse des dépenses de consommation.
Elle a en outre évoqué les pressions inflationnistes persistantes découlant des perturbations de la chaîne d’approvisionnement dans le détroit d’Ormuz, une voie navigable cruciale pour le transport mondial de pétrole, actuellement fermée de facto en raison du conflit en cours entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Réunion cruciale sur les taux d’intérêt
Les déclarations de Nabiullina précèdent la réunion de la Banque centrale russe sur les taux d’intérêt prévue le 24 avril. Ces remarques revêtent une importance capitale puisque le président Vladimir Poutine a récemment ordonné l’élaboration de nouvelles stratégies de croissance.
Cette décision fait suite à une contraction décevante de 1,8 pour cent de l’activité économique au cours des deux premiers mois de l’année. Ce résultat se situe d’ailleurs nettement en dessous des prévisions initiales formulées par le gouvernement. (fc)
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