La Russie assouplit ses restrictions sur Internet alors que la popularité de Poutine est en baisse


Principaux renseignements

  • Les inquiétudes liées à la baisse de la cote de popularité poussent à une réévaluation de la stratégie russe de répression sur Internet.
  • Le Kremlin pourrait ralentir ses efforts visant à restreindre l’accès à Internet en raison de la résistance de hauts responsables inquiets des répercussions politiques et économiques.
  • La frustration du public face aux coupures et aux restrictions d’Internet, en particulier parmi les jeunes générations qui dépendent des services numériques, menace l’emprise de Poutine sur le pouvoir.

La frustration croissante du public face au durcissement des contrôles sur Internet en Russie, visant notamment l’application de messagerie populaire Telegram, incite le Kremlin à réévaluer sa position. Les inquiétudes grandissent quant à l’impact négatif que ces restrictions pourraient avoir sur la cote de popularité du président Vladimir Poutine.

Une approche moins répressive

Alors que les services de sécurité russes (FSB) font pression pour un contrôle plus strict de l’Internet, certains hauts responsables tirent la sonnette d’alarme quant aux répercussions politiques et économiques potentielles d’une limitation de l’accès à Internet. Des sources proches des discussions internes suggèrent que cette opposition conduira probablement à un ralentissement de la répression, permettant à Telegram de continuer à fonctionner en Russie.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par Poutine en 2022, les autorités russes ont pris pour cible de manière agressive les plateformes de réseaux sociaux telles que YouTube, Facebook, WhatsApp et Instagram dans le but de réprimer la dissidence. Récemment, elles ont fait la promotion d’une « super-application » développée par l’État, appelée Max, inspirée du WeChat chinois, tout en limitant l’accès à Telegram.

Indignation publique face aux coupures d’Internet

Les coupures généralisées de l’Internet mobile à Moscou pendant plusieurs semaines en mars ont suscité l’indignation du public, les autorités semblant tester les limites du contrôle des infrastructures en ligne. Le Kremlin a justifié ces perturbations en les qualifiant de mesures de sécurité nécessaires.

Par ailleurs, une campagne a été menée pour restreindre l’utilisation des réseaux privés virtuels (VPN), qui permettent aux utilisateurs de contourner les blocages sur les contenus interdits. L’ampleur des restrictions d’accès à Internet envisagées par les autorités reste incertaine. Cependant, le mécontentement croissant face aux désagréments quotidiens causés par les restrictions Internet, en particulier chez ceux qui dépendent des services numériques, pourrait contribuer au déclin de la popularité de Poutine.

Baisse de la cote de popularité de Poutine

Selon l’institut de sondage public VTsIOM, la confiance envers Poutine a chuté de plus de huit points de pourcentage depuis janvier, pour atteindre 67,8 pour cent. Il s’agit du niveau de soutien le plus bas depuis le début de la guerre. Ce déclin représente un défi pour le Kremlin, qui cherche à gérer l’opinion publique à l’approche des élections législatives prévues en septembre.

Jeunes générations

Selon Denis Volkov, directeur de l’institut de sondage moscovite Levada, l’impact de ces restrictions est le plus marqué parmi les populations urbaines jeunes et aisées, qui étaient déjà critiques à l’égard du gouvernement. Il note que les fidèles partisans de Poutine, qui s’informent principalement par la télévision, restent moins touchés.

Le fondateur de Telegram, Pavel Durov, un milliardaire faisant l’objet d’une enquête en Russie pour ses critiques de la censure des réseaux sociaux, encourage ce qu’il appelle la « résistance numérique » au sein du pays. Il exhorte les utilisateurs à se procurer des VPN et à mettre à jour leurs applications, tout en leur assurant que Telegram continuera à améliorer sa technologie anti-censure.

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