Julius Malema, chef de l’opposition sud-africaine, condamné à 5 ans de prison


Principaux renseignements

  • Julius Malema a été condamné à cinq ans de prison pour avoir tiré en l’air avec un fusil lors d’un rassemblement politique.
  • Malgré sa condamnation, Malema conserve une grande popularité et continue de militer en faveur d’un changement social et économique radical.
  • AfriForum a porté l’affaire contre Malema devant les tribunaux, puisque cette organisation de défense des Afrikaners a déjà affronté l’homme politique à plusieurs reprises par le passé.

Julius Malema, leader de l’opposition sud-africaine âgé de 45 ans, a été condamné à cinq ans de prison. Ce dirigeant de premier plan des Economic Freedom Fighters (EFF) avait déjà été reconnu coupable l’année dernière de cinq chefs d’accusation différents. Cette affaire fait suite à un incident survenu en 2018.

Incident de tir controversé

Lors des célébrations du cinquième anniversaire de son parti, une vidéo a fait surface montrant Malema tirant en l’air avec un fusil semi-automatique. Il a d’abord affirmé que l’arme ne lui appartenait pas et qu’il avait tiré pour enthousiasmer la foule. Cependant, le magistrat Twanet Olivier a jugé que les actes de Malema étaient intentionnels et non impulsifs.

L’avocat de Malema a immédiatement fait appel de la sentence, cherchant à éviter son incarcération. Malgré sa condamnation, Malema reste une figure populaire bénéficiant d’un fort soutien. Des centaines de partisans se sont rassemblés devant le tribunal d’East London, scandant des slogans et chantant des chants révolutionnaires en signe de solidarité.

Une histoire de positions radicales

La carrière politique de Malema se distingue par son franc-parler et ses positions radicales de gauche. Il a dirigé par le passé la ligue de jeunesse du Congrès national africain (ANC). Le parti l’a toutefois exclu après un conflit avec le président de l’époque, Jacob Zuma. Malema a fondé ensuite l’EFF, une formation qui prône la redistribution des terres et des richesses. Ce nouveau mouvement politique attire depuis lors une base électorale croissante grâce à son discours anti-système.

La position de l’EFF sur ces questions a trouvé un écho auprès de nombreux Sud-Africains, ce qui lui a valu un gain significatif de soutien électoral. Il est devenu le quatrième parti du pays lors des élections de 2024. À la suite de sa condamnation, Malema a déclaré que l’emprisonnement ou la mort étaient des marques d’honneur pour les révolutionnaires et s’est engagé à faire appel du jugement devant la plus haute juridiction d’Afrique du Sud.

Afriforum a intenté une action en justice

AfriForum a engagé les poursuites judiciaires contre Malema. Ce groupe de pression afrikaner entretient d’ailleurs depuis longtemps une relation conflictuelle avec l’homme politique ainsi qu’avec son parti, l’EFF. Cette organisation a également joué un rôle dans une autre condamnation pour discours de haine prononcée contre Malema en août dernier. Le jugement faisait suite à des propos qu’il avait tenus lors d’un rassemblement en 2022, exhortant ses partisans à ne pas craindre de tuer pour défendre leur cause.

Alors que l’EFF soutient que les propos de Malema ont été sortis de leur contexte, le tribunal pour l’égalité a estimé qu’ils démontraient une intention d’inciter à la violence. L’affaire contre Malema met en lumière les tensions persistantes autour de la question raciale, de la propriété foncière et du discours politique en Afrique du Sud. (fc)

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