Principaux renseignements
- Les frappes de drones ukrainiens sur des raffineries ont fait grimper les prix du carburant chez les distributeurs indépendants russes au-delà de 100 roubles (1,12 euro) le litre.
- Les entreprises proches du gouvernement maintiennent des prix plus bas, ce qui entraîne de fréquentes ruptures de stock dans leurs stations-service.
- De graves déficits de production et des défaillances logistiques créent un déséquilibre critique sur le marché de gros.
Le prix du carburant dans les stations-service indépendantes russes a dépassé pour la première fois la barre des 100 roubles le litre. Cette forte hausse est alimentée par une flambée sans précédent des prix au comptant du diesel et de l’essence, résultant des frappes de drones ukrainiens visant les raffineries de pétrole.
Dégâts aux infrastructures et rationnement
Les dégâts subis par les installations énergétiques ont imposé un rationnement généralisé du carburant. Ces restrictions sont particulièrement sévères en Sibérie, dans le sud de la Russie et dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie.
Au départ, les petits détaillants ne pouvaient pas afficher des prix supérieurs à 100 roubles, car leurs panneaux numériques n’étaient pas conçus pour afficher des chiffres à trois chiffres. Cependant, fin juin, la détérioration du marché a contraint ces commerces à mettre à niveau leurs systèmes afin de permettre aux prix d’atteindre jusqu’à 140 roubles (1,6 euro) le litre.
Intervention gouvernementale
En revanche, les stations gérées par de grandes compagnies pétrolières verticalement intégrées ont maintenu leurs prix à des niveaux proches de ceux observés précédemment, l’AI-92 et l’AI-95 oscillant généralement entre 63 et 73 roubles (0,7 et 0,8 euro). Les acteurs du marché suggèrent que ces entreprises respectent un accord tacite avec les autorités de régulation afin de limiter les hausses de prix au rythme de l’inflation.
Cet écart de prix significatif a entraîné une rupture rapide des stocks de carburant dans les stations appartenant à ces grandes entreprises, ce qui a conduit à de fréquentes fermetures temporaires jusqu’à l’arrivée de nouveaux approvisionnements.
Déficits de production
Bien que le président Vladimir Poutine ait admis que les attaques de drones ukrainiens étaient à l’origine de ces pénuries, il affirme que le gouvernement maîtrise la situation. Les données du secteur indiquent que depuis mai, la production d’essence n’a pas suffi à répondre à la demande intérieure, tandis que celle de diesel a à peine suivi le rythme.
Le marché de gros connaît un grave déséquilibre, la demande dépassant largement l’offre disponible. Les volumes de transactions sur la Bourse internationale de Saint-Pétersbourg (SPIMEX) ont chuté : les ventes d’AI-92 et de diesel ont diminué de plus de moitié par rapport aux niveaux de juin 2025, et celles d’AI-95 ont baissé d’environ un tiers.
Défaillances logistiques
Les défaillances logistiques aggravent la crise, les livraisons étant systématiquement retardées d’un à deux mois. Par conséquent, des approvisionnements immédiats en carburant ne sont disponibles que dans certains dépôts disposant de stocks d’hiver existants ou ayant réussi à obtenir des lots en bourse. Le coût de ces livraisons de gros immédiates et à petite échelle est actuellement le double du prix moyen observé sur la SPIMEX. (fc)
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